dimanche, février 12, 2012

JEAN-PIERRE GILLARD A LA GALERIE SATELLITE

Sous le titre mystérieux de "Les Démarches en cathédrale et Les Jumeaux", Jean-Pierre Gillard nous propose sa première exposition personnelle à la Galerie Satellite.
Exposition du 17 février au 17 mars 2012. Vernissage le 17 février à partir de 17 heures.
7, Rue François-de- Neufchâteau, 75011 Paris.
(Photo J.-P. Gillard)
Lien : Jean-Pierre Gillard à la Galerie Satellite http://www.galeriesatellite.com/gillard.html

A la suite du vernissage de cette exposition, Jean-Pierre Gillard répond à quelques questions d’Anne-Catherine Caron :
ANNE-CATHERINE CARON – Sans doute serait-il intéressant que tu nous précises ce qui a présidé au choix de tes œuvres pour cette exposition ?
JEAN-PIERRE GILLARD –  Je souhaitais avant tout montrer des œuvres de ces deux dernières années, ce que j’ai fait. J’y ai ajouté trois pièces des années 70-80 pour dire que je ne tombais pas du ciel.
ACC. –  D’où te sont venues les idées des "démarches en cathédrale" et des "jumeaux" ?
JPG. – Les Démarches en cathédrale et Les jumeaux sont dans la droite ligne de mes travaux depuis 1967. L’envol du psi a pris plusieurs formes et ces œuvres en sont la dernière. Déjà dans les années 70 j’avais réalisé un emboîtage pour un livre de luxe. Ça s’appelait Un style. On n’est pas loin des cathédrales. Du point de vue des thèmes c’est autre chose. Les cathédrales expriment une idée d’élévation, les jumeaux mon attrait pour la gémellité. De toute façon, il fallait bien que je donne un copain à mon psi !   
ACC. – Ne pourrait-on pas également considérer que, d’une certaine manière, tu promènes ton psi dans une partie de l’histoire du Lettrisme ?
JPG. – Je promène mon psi où je peux et évidemment c’est dans le lettrisme, puisqu’il est né dans cet espace de pensée. Cette promenade dans l’histoire générale du lettrisme a commencé pour moi en 1966.
ACC. – Dès tes débuts, tu as proposé le concept de "démarche infinitésimale". Considères-tu que toutes ou certaines des œuvres exposées pourraient rentrer dans le cadre de cette démarche et comment pourrais-tu la définir en quelques mots ?
JPG. – Sur le premier point je crois avoir répondu. Quant au second, en quelques mots, je me souviens qu’au tout début il s’agissait de lier dans un seul tableau hypergraphie et art infinitésimal, et de ce point de vue je ne crois pas que ça ait beaucoup changé. Mais les concepts sont des points de départ, ensuite ils s’étirent.
ACC. – Quelles impressions éprouve-t-on à l’occasion d’une première exposition personnelle ?
JPG. – Un peu d’appréhension certainement (rires). 









Jean-Pierre Gillard. Les Grands jumeaux jaunes, 2012.

dimanche, janvier 08, 2012

LES PHOTOS DE ROLAND SABATIER


« Les photographies réunies dans cet ouvrage sont extraites d’un ensemble plus vaste, réalisé vers la fin de l’année 1964 pour constituer un des éléments visuels de la colonne « décorative » de ma pièce de théâtre à impliques, Graal ou la leçon des Rois, qui fut publiée, le 1er octobre de la même année, dans le n°4 de la revue Ur, et où, sans avoir été reproduites, elles apparaissent, entre de nombreuses autres propositions de photos et de plans filmiques ciselés, sous les termes de « images ciselées (les portraits des lettristes) » ou « Photos ciselées (…) montrant les portraits des lettristes ».
Depuis, certaines ont été publiées ou présentées en plusieurs occasions – des fragments de certaines, par exemple, forment la matière des décors hypergraphiques de l’opéra, Déclaration, de 1966 - et, finalement, exposés ensemble dans le cadre de l’exposition collective, La Photo lettriste et hypergraphique, qui eut lieu plus tard, en 1987, à la galerie Galerie D’Anvers de Paris.
 (…)  Le point de départ de ces œuvres dérive de clichés noir et blanc de format 6x8, antérieurement pris par moi-même avec un Kodak à soufflet sur lesquels figuraient en négatif, outre les portraits de différents artistes du groupe lettriste de l’époque, des scènes familiales et des vues de monuments ainsi que certains tableaux que j’avais réalisés précédemment. Sur chacun d’eux et tout en veillant à ne pas recouvrir les visages, j’ai, en certains endroits, effectué des ciselures à l’aide d’un grattoir et, en d’autres, transcrit des signes et des écritures – alphabétiques inversées, braille, etc. – à la gouache blanche et à l’encre noire plus où moins diluée afin de créer des transparences.
(…) Si, du fait des équivoques et du manque de clarté, ces effets conduisent inévitablement à un durcissement généré par une multitude de proximités de plans, ils produisent également une impression d’accessible-inaccessible, de proche et de lointain, qui obsède celui qui les regarde. A ce traitement, la figure perd son naturel, mais gagne en contrepartie une consistance, quelque chose comme une profondeur psychologique qui, dans la compréhension neuve de la nouvelle écriture, est contrainte de dépasser la reproduction simple pour la description complexe.
Roland Sabatier, 1987 (extraits de la préface)
PHOTOS DES PORTRAITS & AUTRES, de Roland Sabatier. Ensemble de 27 photographies cisélées et hypergraphiques de 1964 (Format 27 x 20 cm). Préface de l’auteur. Editions AcquAvivA, Paris 2011. Edition illimitée à l’exception des 20 premiers exemplaires numérotés et signés par l’auteur

dimanche, janvier 01, 2012

VŒUX 2012


mardi, novembre 29, 2011

LA VIDEO DE L'EXPOSITION

http://www.youtube.com/watch?v=l1K6S0lvhKcc

vendredi, octobre 21, 2011

EXPOSITION ANNE-CATHERINE CARON


« Contrairement à de très nombreux artistes contemporains, Anne-Catherine Caron n’a jamais attribué à l’objet, aux supports ou à l’outillage la capacité de pouvoir bouleverser la forme esthétique. Dès sa rencontre, en 1972, avec Isou et le Lettrisme, s’est imposé à elle la conception de la prévalence absolue de cette dernière sur les autres dimensions de l’art qui se révélaient interchangeables. C’est donc dans la compréhension d’un intérêt secondaire, para-esthétique, de l’infra-structure matérielle, mécanique, à partir de laquelle Isou forgera la Méca-esthétique intégrale, qu’elle accomplira son oeuvre, axée, avant tout, et comme il se doit, sur l’exploration combinatoire des signes de la communication visuelle, offerte par l’Hypergraphie, et des signes virtuels dévoilés par l’Art infinitésimal ou imaginaire. Ces secteurs esthétiques majeurs enregistrent ses propositions ténues, hermétiques et reconnaissables, tantôt plaquées sur des toiles, tantôt réparties en fonction des exigences de la narration, mais toujours définies comme des « romans ». Son Roman à équarrir, de 1978, en établit la recension qu’elle réorganise autour d’une mise en abyme du concept prosodique. Raréfaction des éléments, persiflage, moquerie, absurdités volontaires, répétitions, caractérisent ce tour de force stylistique qui semble être dépossédé de début autant que de fin. C’est donc dans la rigueur de la continuité de cette voie que le Roman lettriste de la Villa Cernigliaro qu’elle nous propose aujourd’hui doit être vu et considéré.
 (…) Ce nouveau roman d’Anne-Catherine Caron reprend ces principes et, d’une certaine manière, part d’eux, mais s’en éloigne en tant, non seulement qu’il les concrétise, mais surtout qu’il les développe dans un enchaînement personnalisé, avec ses propres éléments et une rythmique particulière, inusitée. Si le roman d’Isou devait se dérouler dans la rue, le sien se déploie à travers de multiples salles d’une demeure, mais il ne se réduit pas à ce seul début.
Cette fois, ce sont quatorze réalisations incarnant autant de chapitres distincts disséminés en différentes parties de la Villa qui en assurent l’articulation. Chacun est attaché à un « objet » utilitaire - non esthétique - dont on saisit d’emblée qu’ils sont tous d’un autre âge : celui du temps où la Villa voyait le notaire Cernigliaro, sa famille et son entourage s’activer dans le luxe et la mondanité ; autant d’objets, dis-je, sans doute inutilisables aujourd’hui - comme la calèche, qui semble être la célèbre « pill-box » d’origine américaine, le vieux réfrigérateur, le piano, les masques anti-gaz, le landau, la bouette, le grand drapeau portant encore armes de la Maison de Savoie, un secrétaire ayant appartenu à l’intellectuel résistant Antonicelli, des vêtements maternels, etc. -, mais conservés par l’une des filles du notaire, Carlotta, l’actuelle propriétaire, dans leur vaste cantina comme des souvenirs de son enfance dont elle ne serait jamais parvenue à se séparer.
C’est ce choix de « reliques » qu’Anne-Catherine Caron, avec leur histoire, reprend en son roman. Elle les reprend telles qu’elles sont, nécessairement en l’état usagé qui est le leur aujourd’hui, afin de n’en retenir que les trois dimensions de leur valeur idéographique. C’est précisément cette qualification syntaxique qui différencie ses objets des objets - ready-made - de Marcel Duchamp et de ses innombrables successeurs actuels qui, outre le fait qu’ils se situent uniquement dans l’art plastique – et non dans l’art de la prose – réduisent, superposent, en fin de ciselant, la forme esthétique épuisée à la simple présentation d’une réalité comprise comme ne pouvant plus être représentée. Dans ce dont nous parlons ici, la forme esthétique est autre, de nature hypergraphique au sein de laquelle l’objet réel ne peut, au mieux, n’exprimer qu’un signe ou un simple support, sinon, en un même temps, les deux. (…) Le motif du roman, ici posé comme « fiction », renvoie à ces souvenirs. Comme traces anamnestiques organiquement liées à cette demeure, à ses occupants, et comme des accompagnants nostalgiques, ils s’imposent à Anne-Catherine Caron pour définir le thème de sa narration tridimensionnelle. Ce perçu de « recherche du temps perdu » et les objets qui les suggèrent, non esthétiques en eux-mêmes, sont sublimés, portés au haut rang de l’art, du fait qu’ils sont, chacun à leur tour, donnés en relation avec une part formelle traduite sur autant de toiles destinées à prendre une place précise - sur ou dessus, dedans, à côté, etc. - des objets considérés. Ces compléments aux dimensions et à l’apparence de cartels sont les marqueurs d’une esthétique qui cernent le contour de l’oeuvre par l’absorption immédiate de ce qui était d’un autre registre. Le pouvoir d’accaparement du système hypergraphique est tel qu’il mue en signes tout ce qu’il touche. En même temps, comme un métalangage, leur configuration associe les évocations de l’occupante de la demeure - exprimées par l’écriture alphabétique - et certaines images de sa vie, de ses occupations et de son cadre - manifestées par des idéogrammes photographiques - auxquelles se superposent des notations multi-signiques qui, comme des commentaires sur des commentaires surprécisent, sous un angle neuf, des points particuliers. Ces trois strates de transcription, se conjuguant pour, finalement, n’en constituer qu’une : la super écriture hypergraphique. Toutes ces données accumulées, certainement, déroutent : au déchiffrement de chacun des chapitres, l’allure apparemment simple du discours général demeure contredite, réévaluée, par l’hermétisme de ce qui nous est donné pour l’expliquer. De toute façon, et même si nous ne sommes que quelques-uns à savoir que l’essentiel est ailleurs, n’estce pas de ce recours constant à ce paradoxe ou à cette dialectique que naît, comme une véritable manoeuvre de force, l’originalité étrange de ce Roman lettriste de la Villa Cernigliaro ?
La question, si elle peut encore se poser aujourd’hui, risque dans l’avenir, avec Anne-Catherine Caron et le lettrisme, de ne plus même devoir nécessiter de réponse. » 
(Roland Sabatier, extraits du catalogue)

ANNE-CATHERINE CARON

ROMAN LETTRISTE DE LA VILLA CERNIGLIARO
VILLA CERNIGLIARO
Via Clemente Vercellone 4, Sordevolo Bi
EXPOSITION DU 5 NOVEMBRE AU 4 DÉCEMBRE 2011
vendredi, samedi, dimanche 14,30 - 19,30 h. et sur réservation
VERNISSAGE: LE 5 NOVEMBRE À 18 H.
A l’occasion du vernissage intervention de l’artiste : La Méca-esthétique dans le roman.
Direction artistique : Carlotta Cernigliaro
Catalogue : Édition bilingue français/italien,
21 x 14,5 cm (broché).
82 pages, 30 illustrations coul.
N&B. Textes de Roland Sabatier
Carlotta Cernigliaro, Isidore Isou (Les moyens de réalisations dans l'art plastique lettriste et infinitésimal).
Editions Zero Gravità, Sordevolo, Bi, Italie,
2011.
info Carlotta Cernigliaro
T. 0152562174 mobile 338.6130616

mercredi, août 24, 2011

PRESENCE D'ISIDORE ISOU AU CENTRE POMPIDOU METZ

Isidore Isou, présent avec Duchamp, Malévitch, Viking Eggeling, Rodtchenko,  Art et Language et de nombreux autres, au Centre Pompidou-Metz dans l'exposition "Erre, variations labyrinthiques" ( Commissaires : Hélène Guenin et Guillaume Désanges), à partir du 12 septembre 2011.

vendredi, août 19, 2011

LA GALERIE-DU-SAC-DE-LA-DAME

Anne-Catherine Caron, surprise à la Fnac Italie, avec  sa Galerie-du-sac-de-la-dame où elle présente actuellement l'exposition  "Cinq infinis froissés aux cinq psi réconciliants" de Jean-Pierre Gillard (jusqu'au 10 septembre 2011).
Lien sur l'exposition :

jeudi, juillet 07, 2011

LUCIAN FREUD, TRADITION DU DÉJÀ-VU par Guillaume Robin

Il est étonnant de voir que, parmi les peintres de l’Ecole de Londres (Francis Bacon, Frank Auerbach, Michael Andrews et Leon Koosoff), celui qui remporte tous les suffrages soit le grand maniériste Lucian Freud. C’est aussi le plus classique du groupe. A croire que classicisme rime naturellement avec reconnaissance. Petit-fils du fondateur de la psychanalyse, Lucian Michael Freud est considéré comme l’un des peintres les plus importants de notre époque. L’artiste commence d’abords à peindre dans un style surréaliste dans les années 40 avant de forger l’identité d’une expression figurative qui fera son chemin dans les années 70, jusqu’ au tout dernier hommage décerné récemment au Centre Pompidou.
« L’artiste vivant le plus cher au monde » use de pratiques des plus élémentaires. Il peint inlassablement dans son atelier de grandes compositions faites de portraits, de nus, de paysages profondément liés à la peinture française du 18ème et 19ème siècle. Il doit son style et sa touche à ces ancêtres, mais aussi et surtout à sa rencontre bienvenue et miraculeuse avec Francis Bacon, l’artiste maudit par excellence, crucifiant sa peinture de lourds entremêlements de chairs. L’admiration de Freud pour Bacon agit prématurément : tension du corps, omniprésence du portrait brouillé, composition dans un univers clos. Sa seul disparité tiendra du figuratif et de l’aspect sculptural.
Alors voilà, on contemple sa peinture et on est saisi. Puis, plus on l’observe, plus l’ennui prend le pas sur la surprise. Même thèmes, même corps, même touche, même visage et même…atelier. Pas de progression fulgurante, pas d’évolution picturale et aucune véritable remise en question… Allons, soyons honnête : observez autour de vous le nombre d’hommes peignant comme lui et vous verrez, on en trouve plus d’un capable de mêmes ouvrages… Ce qu’il fait depuis maintenant plus de 50 ans n’aspire à aucune révolution. Car Freud puise sans concession dans les archives du passé. Ce ne sont plus des références mais des Fac-similés redoutables pour le connaisseur. En un coup d’œil, tout est limpide. « On y voit tout » aurait suggérer Daniel Arasse. Pour ne citer que quelques exemples, le massif dos d’homme de l’exposition est la vision expressionniste de la figure centrale du Bain turc d’Ingres, les autoportraits volontairement effacés évoque délibérément Georges Rouault, l’espièglerie des visages tient de Max Beckman, d’Oskar Kokoschka et d’Egon Schiele et la composition plongeante est précisément celle de Paul Cézanne.
Alors pourquoi l’attrait massif pour ce peintre ? La réponse est claire. Sa peinture est immédiatement décryptable et investit un thème qui nous fascine tous : le corps. Une fois percée, cette peinture devient, à vrai dire, plus académique que classique.
Futurs peintres, artistes ou entrepreneurs, lisez cette requête ! Faites des corps, des nus, du monumental, du figuratif : de Ron Mueck à Lucian Freud, de Jeff Koons à Maurizio Cattelan, c’est une valeur sûr, rentable …mais peu transgressive.

William Adolphe Bouguereau. La Naissance de Vénus, 1879
Texte de Guillaume Robin extrait de « Revuescission » (lien: http://revue-scission.com)

vendredi, mars 25, 2011

ROLAND SABATIER: PLATON DISPERSE


Roland Sabatier
PLATON DISPERSé (2011)
Chapitre 3

mardi, février 08, 2011

ALAIN SATIE 1944−2011

Alain Satié dans une photographie originale de Roland Sabatier (1964)

mercredi, novembre 03, 2010

ISIDORE ISOU & LE SUPERTEMPOREL

Reconstitution à la Villa Tamaris Centre d’Art de la Seyne-sur-Mer, dans le cadre de  Lettrisme: vue d’ensemble sur quelques dépassements précis, de l’exposition réalisée par Isidore Isou la Galerie L’Atome (Valérie Schmidt) en mai et juin 1960.
Exposition du 23 octobre au 28 novembre 2010
Visite filmée commentée par Anne-Catherine Caron : Lien >>>>>>

mardi, novembre 02, 2010

RADIO-ACTIVE ICONOPHAGE & LETTRISME

jeudi, octobre 28, 2010

Riposte Lettrisme

mardi, octobre 26, 2010

LE POUVOIR DE L’INIMAGINATION












Damien Dion, devant son oeuvre Le Pouvoir de l’inimagination, 2008, présentée à la Villa Tamaris Centre d’Art de la Seyne-sur-Mer dans l’exposition Lettrisme: vue d’ensemble sur quelques dépassements précis.
Avec ses autres camarades du groupe lettriste, Gabriel Pomerand, Roland Sabatier, Micheline Hachette, Alain Satié, Jean-Pierre Gillard, François Poyet, Broutin, Woodie Roehmer, Anne-Catherine Caron et Virginie Caraven, cet artiste s’est élevé "au-dessus de la masse des producteurs des domaines visuels pour construire, à des degrés différents, de multiples facettes des vastes territoires neufs proposés par Isou - que lui-même, seul, ne pouvait explorer complètement, même s’il en a toujours été le premier expérimentateur - pour dévoiler une multitude de nuance créatrices et de développements inédits. »
Extrait de Quelle exposition pour le Lettrisme?, Entretien de Roland Sabatier et Philippe Blanchon, in Lettrisme: vue d’ensemble sur quelques dépassements précis », Ed. Villa Tamaris - La Nerthe, La Seyne-sur-Mer, 2010.


LETTRISME: LA VISITE, VITE
http://www.youtube.com/watch?v=JDYkUZiw7Ck

samedi, octobre 09, 2010

QUELLE EXPOSITION POUR LE LETTRISME ?







Extrait de l’entretien de Roland Sabatier, le commissaire de l’exposition, avec Philippe Blanchon publié sous le titre de Quelle exposition pour le lettrisme ? dans le catalogue de l’exposition, Lettrisme : vue d’ensemble sur quelques dépassements précis, (Ed. Villa Tamaris Centre d’Art/ La Nerthe, 2010)
P. B. : — L’accès au Lettrisme se fait parfois par des mouvements ou des individualités ayant eu des relations avec le Lettrisme avant de rentrer, parfois, en conflit avec lui ou de l’occulter. Ainsi concernant les œuvres présentes dans cette exposition, peux-tu nous en dire plus sur ce qui t’a motivé quant aux œuvres choisies et à leurs auteurs ?
R.S. : — Mon souhait était de produire une manifestation axée autant sur la créativité que sur la plus grande diversité, et le choix en a été conditionné par différents paramètres. Le plus important a été déterminé par la configuration et la superficie des huit salles de la Villa Tamaris qui excluaient la présentation simultanée d’un très grand nombre d’œuvres, et qui ne me permettaient pas, non plus, comme je le souhaitais à l’origine, de consacrer une salle par participant en laissant à chacun le loisir de l’aménager à sa convenance. Un autre paramètre, non moins important, restait lié au choix des artistes : retenir uniquement ceux du groupe actuel, tel qu’il était constitué à la mort d’Isou en juillet 2007, et qui, avec de nouveau venus, réunit ceux qui n’ont jamais renoncé au noyau central, ou leur ajouter de plus anciens qui sont restés un temps avec eux avant de s’en écarter définitivement. Le fait de tout montrer, outre qu’il aurait connoté la manifestation du sens d’une rétrospective, ce que je ne souhaitais pas, aboutissait pratiquement à ne montrer que très peu d’œuvres de chacun en risquant d’affirmer des disproportions injustes dans la représentation de ses intervenants. De plus, un tel montage obligeait à une présentation inesthétique, arbitraire, sans doute inopérante et contraire au but recherché de fluidité.
Excluant donc cette dernière possibilité, il ne restait plus qu’à privilégier la première qui consistait à ne rassembler autour d’Isou que ceux qui constituaient le groupe « officiel », tel que lui-même l’avait défini et tel qu’il souhaitait que nous le définissions nous-mêmes. C’est ainsi, qu’en dehors d’Isou naturellement, et de moi-même, l’exposition regroupe Gabriel Pomerand, Micheline Hachette, Alain Satié, Jean-Pierre Gillard, François Poyet, Gérard-Philippe Broutin, Anne-Catherine Caron, Woodie Roehmer, Virginie Caraven et, également, Damien Dion qui s’est joint à nous depuis peu. Autant d’artistes qui se sont élevés au-dessus de la masse des producteurs des domaines visuels pour construire, à des degrés différents, de multiples facettes des vastes territoires neufs proposés par Isou — que lui-même, seul, ne pouvait explorer complètement, même s’il en a toujours été le premier expérimentateur — pour leur dévoiler une multitude de nuances créatrices et de développements inédits. Cette sélection, donnée donc comme un choix, peut apparaître aujourd’hui discutable, pourtant, elle n’en privilégie pas moins une « orthodoxie » axée sur une cohérence qui ne saurait être située en retrait par rapport à la réalité objective de ce mouvement, cela même si, en tant que telle, elle s’oppose à la vision plus large, sociologisante, que nous proposent certains « amis» du Lettrisme qui considèrent mieux pouvoir comprendre l’excellence de ce mouvement, alors que se fondant sur des critères partiels et flous, ils ne me semblent pas parvenir encore à en saisir parfaitement ses a priori multiplicateurs profonds. Pour preuve, leur défense du Lettrisme qui s’effectue en même temps que leur défense de groupes ou de réalisateurs que le Lettrisme combat ou qui sont opposés à lui.
Il demeure néanmoins à mon crédit le fait d’avoir retenu dans l’œuvre de chacune des personnalités présentées les quelques pièces ou ensembles, généralement de grands formats, qui me semblaient les plus représentatifs, les plus emblématiques d’apports particuliers, précis, cela, sans ne jamais perdre de vue la nécessité de démontrer la diversité, c’est-à-dire la richesse des formes propres au Lettrisme visuel et à son évolution vers des voies plus avancées encore. À cet impératif, les œuvres choisies me semblent répondre efficacement, dans le sens où, même sans compter la présence d’Isou qui est fortement marquée — avec notamment la reconstitution de son exposition consacrée à l’Art supertemporel, en 1960 à la galerie l’Atome —, elles couvrent l’étendue constructive et destructive, effectuée sur plusieurs décennies, des arts des signes et de l’imaginaire, fondés sur la méca-esthétique et le supertemporel. En fait, plus qu’un choix de noms déterminés, cette exposition reste, dans les intentions mêmes qui ont présidé à son élaboration, un choix d’œuvres.

samedi, octobre 02, 2010

INFINITUS PROPICAL, L’AUTRE "NUIT BLANCHE"






















Un nouvelle oeuvre infinitésimale de Roland Sabatier diffusée à partir du 2 octobre 2010.
Edition sur papier à tirage limité, signée et numérotée par l’auteur.

vendredi, septembre 17, 2010

DU LETTRISME A BRUXELLES

Roland Sabatier. Suite hermétique (pour soliste)
Encre sur papier. 37,5x48 cm. signé, daté 1966 bas droite. Colllection Fond National d'Art Contemporain. (Article et reproduction p. 26 de "Cahiers de la création contemporaine », supplément Art Press, n°370, septembre 2010).
Oeuvre actuellement présentée dans l'exposition SONOPOETICS: (de la parole à l'image, de la poésie au son) à l'Institut supérieur du langage plastique,de Bruxelles, du 3 au 18 septembre 2010.
"Une exposition regroupant un ensemble d’œuvres historiques provenant de la collection du Fonds national d'art contemporain (FNAC-France), autour de la « poésie sonore » et du « spoken word » nord-américain. Ces courants, qui se sont développés à partir des années 1950, utilisent les propriétés orales du langage ainsi que les technologies de la communication pour développer de nouvelles expériences poétiques. 
Un corpus conséquent d’œuvres (dessins, objets, écrits…) du poète français Bernard Heidsieck, figure importante de la « poésie action », sera pour la première fois présenté au public. Seront également présentes des créations d’artistes majeurs tels que Maurice Lemaître et Roland Sabatier, tous deux associés au mouvement lettriste, qui s'attache, dès 1947, à la « musique des lettres » plutôt qu'à l'usage traditionnel des mots. On trouvera également des œuvres de Gil Joseph Wolman, co-créateur de l'Internationale lettriste ; d’Henri Chopin, père de la poésie sonore décédé en 2008 ; de John Giorno, poète rocker et performer new-yorkais ; ou encore de Brion Gysin, calligraphe/écrivain/performer et compagnon de route de William S. Burroughs. 
Ces pièces uniques, pour la plupart encore jamais exposées en Belgique, sont autant de traits d’union entre la parole - action, le langage déconstruit et l’image signe.
Manfestation organisée dans le cadre de DIAGONALES: SON, VIBRATION ET MUSIQUE dans la collection du cnap, du 11 février 2010 au 31 janvier 2011
."
Exposition accessible du du 3 au 18 septembre 2010 
du lundi au samedi de 11h à 17h30 
Ouvert du lundi au samedi, de 11h00 à 17h30. Fermé le dimanche et jours fériés. 
Institut supérieur pour l’étude du langage plastique 
Bd de Waterloo, 31 B-1000 Bruxelles. 
tél:+32 (0)2 504 80 70 – fax: +32 (0) 2 502 45 26 – iselp@iselp.be - www.iselp.be http://www.iselp.be 
Ouvert du lundi au samedi, de 11h00 à 17h30. Fermé le dimanche et jours fériés. 
Entrée libre. 


dimanche, septembre 05, 2010

LA PREFERENCE POUR LE PRIMITIF



Cette œuvre de Roland Sabatier est l’une des cinq « sculptures » qui ont été présentées à Avalon, les 28 et 29 août 2010, en divers points de l’itinéraire allant de la Place Vauban au Jardin du grenier à Sel, sous le titre de La Préférence pour le Primitif, dans le cadre de la manifestation « Sculptures dans la ville ».

LE ROMAN DE BOIS DE ANNE-CATHERINE CARON


Anne-Catherine Caron. Roman de bois, 2010.

Bois d’orme, acrylique et encre sur papier contrecollé sur 14 carrés de bois. Dimensions variables.

Oeuvre présentée à la Plucherie (Archives du Créatisme et du Lettrisme) de Cudot, du 15 au 30 Août 2010, dans le cadre d’une exposition personnelle de cette artiste.

mardi, août 17, 2010

ALGUMAS OBRAS A LER / COLLECTION ERIC FABRE (MAI-AOUT 2010)

Ces deux oeuvres figurent jusqu’au 22 août 2010 au Museu Berardo de Lisbonne.

Isidore Isou. La Bibliothèque infinitésimale et supertemporelle, 1999. Textes encadrés et 12 rayonnages vitrés contenant les différents ouvrages représentatifs de l’ensemble des disciplines de la Kladologie. (Col. Eric Fabre, Bruxelles)
Roland Sabatier. Ensemble d’oeuvres infinitésimales, 1965. Acrylique sur 19 cadres de bois. 220 x 600 cm. (Col. Eric Fabre)
Cette exposition présente également des oeuvres lettristes de Broutin, Jean-Pierre Gillard, Gabriel Pomerand et Alain Satié.

lundi, juillet 26, 2010

CArON CHEZ CArOLL




Les Publications Psi présentent le nouveau roman d’Anne-Catherine Caron, Alice à la racine carrée du Lettrisme, une somme de variations et d’échos narratifs conjugués et développés en prose excoordiste de soixante-quinze notations carrésiques à partir de La Déposition d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll.

Ouvrage tiré à vingt-cinq exemplaires sur B.F.K signés et numérotés de 1 à 25 par l’auteur, comportant tous une photographie originale insérée sous calque et également signée. L’ensemble en feuilles est recouvert d'une jaquette rempliée ornée d’une étiquette encollée. Format: 21,5 x 15,5 cm, 26 pages. Paris, 2010.

lundi, avril 19, 2010

UN PORTRAIT HYPERGRAPHIQUE






















Roland Sabatier, Portrait classique de Caterina Gualco. 1993. Collage, acrylique et craies grasses sur toile. 55 x 46 cm.

Texte figurant sur l’oeuve: « En rassemblant différents signes culturels, j’essaie de représenter le portrait de Caterina Gualco en fonction d’une organisation amplique, classique. Je ne sais si les écritures n’altèrent pas trop la ressemblance du modèle, mais je pense que l’exploration du portrait, envisagé comme thème ou comme simple signe (idéographique) est nécessaire au développement de l’art hypergraphique, art auquel la plupart des artistes, des critiques et des marchands actuels, préoccupés encore par le traitement positif ou négatif de l’objet figuratif, ne comprennent rien. » (Décembre 1993)

Bibliographie : Reproduite in « L’Extra-vaganza e il rito », revue Non Capovollgere (Arte contemporanea), n°15, Mantova, octobre 2000 (p.17)

Expositions : Arteferia di Bologna, Galleria Unimedia, 1994. « Rubati arcobaleni in un’effigie », Galleria Unimedia, Gênes, 1994. « L’extra-vaganza e il rito », galeria Unimedia, Gênes, 2000.

jeudi, janvier 07, 2010

NOUVELLES PUBLICATIONS

REVUE TOTH
Parution du numéro 02 (Spécial Excoordisme), décembre 2009.
Directeur: Damien Dion
Participation de: Broutin, Anne-Catherine Caron, Damien Dion, Jean-Pierre Gillard, Micheline Hachette, Sylvain Monségu, Eric Monsinjon, François Poyet, Roland Sabatier, Alain Satié.

mercredi, octobre 14, 2009

Exposition

REVUE TOTH
Parution du numéro 02 (Spécial Excoordisme), décembre 2009.
Directeur: Damien Dion
Participation de: Broutin, Anne-Catherine Caron, Damien Dion, Jean-Pierre Gillard, Micheline Hachette, Sylvain Monségu, Eric Monsinjon, François Poyet, Roland Sabatier, Alain Satié.

L'ANTI-CINEMA LETTRISTE (1952-2009)
Choix d'oeuvres
Commissaires de l'exposition: Roland Sabatier et Anne-Catherine Caron.

du 24 octobre au 29 novembre 2009

VILLA CERNIGLIARO
via Clemente Vercelone, 4 13817 Sordevolo - ITALIE
Vernissage: Samedi 24 octobre à 18 heures.
Réalisation du film supertemporel d'Isidore Isou "Débat sur le cinéma"

Catalogue bilingue italien/français, 128 pages, 73 illustrations.

Textes de Roland Sabatier et Anne-Catherine Caron
Direction artistique: Carlotta Cernigliaro
En vente auprès de La librairie Mona Lisait 14, bis boulevard de l'Hôpital - 75005 Paris.

Dans le cadre de cette manifestation, Anne-Catherine Caron présente "Le Film phanère excoordiste", 2009 à la Galerie-du-sac-de-la-dame
galeriedusacdeladame
"Débats sur le cinéma" de Isidore Isou, lien: http://www.youtube.com/watch?v=pPnbL9jhatA


lundi, juin 01, 2009

LIBRAIRIE


Catalogue de l’exposition « Il Lettrismo al di là della femminilitudine ». Texte d’Anne-Catherine Caron, précédé de "L'apport du Lettrisme et du Juventisme au mouvement de libération des femmes" d'Isidore Isou, éd. Zero Gravità, Sordevolo, 2008.
En vente à
La Hune librairie
170, Boulevard Saint-Germain - 75006 Paris
Tél: +33(0)1 .45 48 35 85

La Librairie du Palais de Tokyo
13 avenue du Président Wilson
 - 75116 Paris
Tél: +33(0)1 . 49 52 02 04

La Librairie Flammarion – Centre Pompidou
19, Rue Beaubourg – 75194 Paris
Tél : +33(0)1 . 44 78 43 22

lundi, mai 18, 2009

DE MARJORIE CRUELLE A ROMAN A EQUARRIR DE ANNE-CATHERINE CARON


EXPOSITION A LA FIERA INTERNAZIONALE DEL LIBRO DE TURIN (14 - 18 MAI 2009)
"DE MARJORIE CRUELLE A ROMAN A EQUARRIR"
Présentation cinématographique infinitésimale exceptionnelle (Oeuvre filmique policière)
Padiglione 2 - Zero Gravità - Editori del Biellese - stand G72 et G 71

dimanche, novembre 23, 2008

NOUVELLES PUBLICATIONS

LA NOUVELLE MANIFESTATION DE GERARD-PHILIPPE BROUTIN LE 12 FEVRIER 2009 AU THEATRE DU TEMPS A LA RUBRIQUE THEATRE 
DECEMBRE 2008
PARUTIONS DE DEUX NOUVELLES REVUES
TOTH, n° 1, décembre 2008. "Revue antipériodique lettriste" dirigé par Damien Dion.
Textes et oeuvres de Anne-Catherine Caron, Damien Dion, Tim Gaze, Micheline Hachette, Isidore Isou, Elise Léger-Kermarec, Sylvain Monségu, Eric Monsinjon, Roland Sabatier et Alain Satié. Format 21 x 29,7, 44 pages.
(mail: revuetoth@yahoo.fr)
TI, Culture, création, avant-garde. Dossier "Grandeur du Lettrisme", n°1, automne hiver 2008. Directeur de la publication: Eric Monsinjon. Textes de Eric Monsinjon, Valérie Bouriel, Roland Sabatier et Guillaume Robin. Format 15 x 21, 24 pages.
(mail: terrorismeintellectuel@gmail.com)








Il Lettrismo al di là della femminilitudine, catalogue publié à l’occasion de l’exposition organisée par Anne-Catherine Caron à la Villa Cernigliaro de Sordevolo du 11 octobre au 16 novembre 2008. 160 pages, textes d’Isidore Isou (L’Apport du Lettrisme et du juventisme au mouvement de libération des femmes) et d’Anne-Catherine Caron: (Murmure de femmes autour du Lettrisme) 87 reproductions dont de nombreuses inédites et en couleur. Editions Zero gravità.
De cette publication, il a été tiré vingt exemplaires de tête, comportant tous en hors texte une photographie originale rehaussée à l’encre et à la gouache par Anne-Catherine Caron. Tous ces exemplaires sont signés par l’artiste et numérotés de 1 à 20 .






Ouvrage tiré à soixante exemplaires sur B.F.K dont les vingt premiers, numérotés de 1 à 20 et signés par l’auteur, comportent en hors texte un collage et gouache signé par Roland Sabatier et en outre recouvert d'une jaquette repliée avec étiquette collé. Format: 21 x 14,5 cm. 31 pages. Editions 2008.
DISPONIBLE A LA LIBRAIRIE
DIDIER LECOINTRE DOMINIQUE DROUET
9 Rue de Tournon 75006 Paris.
Tél. : 01 43 26 02 92
e-mail : lecodro@club-internet.fr
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NOUVELLES PUBLICATIONS ROLAND SABATIER ET ANNE-CATHERINE CARON
JANVIER- MARS 2008
REVUE MELUSINE, (n° XXVIII), Cahiers du centre de Recherche sur le Surréalisme
Editions l’Age d’homme, Lausanne, (320 p.), 2008.
« ISIDORE ISOU : LA PROBLEMATIQUE DU DEPASSEMENT » l’intervention de Roland Sabatier lors du colloque de Cerisy-la-Salle (2 – 12 août 2006) vient d’être publiée avec l’ensemble des contributions des participants (parmi lesquels figurent Henri Béhar, René Paseron, Bertrand Clavez, Christophe Bourseiller, etc.) sous la direction d’Olivier-Lacassagne et Emmanuel Rubio, dans la revue « Mélusine ». Dans cette publication signalons également l’article d’Eric Monsijon consacré au « CONCEPT DE GROUPE ».
REVUE CULTURA, n°4/31 janvier 2008, Bucarest.
La revue roumaine « Cultura » consacre dans son quatrième numéro de janvier 2008 une double page à Isidore Isou comprenant, outre un article de Serge Moscovici (« Pentru prietenul meu, Isou ») un texte d’Anne-Catherine Caron : « Isidore Isou sau zorii unei societati paradisiace » (« ISIDORE ISOU OU L’AUBE DE LA SOCIETE PARADISIAQUE »).
Extraits de l’article en français
(…)« Sans nul doute, l’édification cohérente et exhaustive de ce dessein créateur trouve son apogée dans la refonte globale de la société tendant vers les valeurs inédites d’une « Société Paradisiaque » qu’Isidore Isou appelait de ses vœux.
Elle restera défendue par un homme qui, durant sa vie entière, voulut s’élever au rang des Grands Noms de l’Histoire et de l’Immortalité Concrète, mais sut, aussi, délibérément, choisir l’ascèse et le dépouillement matériel le plus absolu, concluant ainsi, dans la plus grande sobriété, son itinéraire corporel depuis sa Botosani natale jusqu’à sa dernière demeure au cimetière du Père Lachaise à Paris.
Un jour, dit Isou dans L’Agrégation d’un nom et d’un messie, « je ne parlerai plus. Je me réjouis d’avance de cette journée où je deviendrai muet, calme, méprisant, comme mon Nom même. » (…).
Voir à la rubrique EXPOSITIONS l'annonce de l'article de la Revue Tracce Cahiers d'Art consacré à l'exposition "Collection lettriste : Intime et Ultime" organisée en 2007 à la Villa Cernigliaro par Anne-Catherine Caron et Roland Sabatier.

mercredi, août 13, 2008

NOUVELLE EXPOSITION: LE LETTRISME AU-DELA DE LA FEMINITUDE du 11 octobre au 16 novembre 2008


Site Anne-Catherine Caron lettrisme

Anne-Catherine Caron lors de la présentation de sa performance infinitésimale des romans « DE LA CARRITUDE EN LETTRISME » à la Villa Cernigliaro à l’occasion du vernissage de l’exposition LE LETTRISME AU-DELA DE LA FEMINITUDE le 11 octobre 2008.
Carlotta Cernigliaro interprétant les romans de « DE LA CARRITUDE EN LETTRISME » lors de cette même présentation.


Moments du vernissage réunissant des oeuvres de Micheline Hachette, Woodie Roehmer, Anne-Catherine Caron et Virginie Caraven. Anne-Catherine Caron avec Edda Melon, et, ci-dessous, avec Sandro Ricaldone, puis Pierre Battini









IL LETTRISMO
AL DI LA'
DELLA “FEMMINILITUDINE”

LE LETTRISME AU-DELA DE LA FEMINITUDE

Exposition conçue par Anne-Catherine Caron
Micheline Hachette
Woodie Roehmer
Anne-Catherine Caron
Virginie Caraven
Villa Cernigliaro Demeure historique
I – 13817 Sordevolo Biella, Via Clemente Vercellone 4 Tél. 015.2562793
Exposition du 11/10 au 16/11/2008.  
Ouverture: vendredi, samedi, dimanche de14h à 19h et sur rendez-vous. 
Entrée gratuite 
Vernissage samedi 11 octobre à 18 heures
Sala dei poeti: Table ronde: La création et les femmes, avec Edda Melon, Sandro Ricaldone, Anne-Catherine Caron, Carlotta Cernigliaro.
Performance: Anne-Catherine Caron réalise son roman imaginaire De la Carritude en Lettrisme
«Je suis partisan de la femme créatrice du type George Sand, Berthe Morisot, Marie Curie, Marie Laurencin, je suis partisan de la personnalité capable d'avancer avec les hommes créateurs, ou avec des producteurs ajustés aux novateurs, vers la société paradisiaque».
Isidore Isou
« Murmure de femmes autour du Lettrisme. C’est de la conjonction d’un lieu, du mouvement d’avant-garde lettriste et du concept de «femmes» que la présente manifestation a pu voir le jour.
Le lieu, dit Villa Cernigliaro, immergé dans le paysage piémontais de Sordevolo, est réputé pour être un ancien foyer de la résistance anti-fasciste italienne. Son âme est aujourd’hui incarnée par Carlotta Cernigliaro qui a courageusement choisi d’y accueillir les tendances les plus progressistes des courants de l’expression artistique contemporaine.
Parmi eux, le Lettrisme, auquel, dans ce cadre, cette hôtesse éclairée a déjà donné à voir différents aspects de ses apports.
En 2005, la Villa avait déjà présenté Isidore Isou, Initiation à la Haute Volupté, qui proposait un ensemble de sérigraphies éditées par Francesco Conz d’après les pages marquées par la poly-écriture du roman du même titre que le créateur du Lettrisme avait fait paraître en 1960. De même, en 2007, avec Collection lettriste : intime et ultime, elle accueillera l’ensemble des artistes représentatifs du groupe lettriste, dont les œuvres choisies par les deux «curatori», Roland Sabatier et moi-même, étaient disséminées et mises en scène dans la plupart de ses salles historiques.
Aujourd’hui, c’est à l’exposition de quatre artistes féminines de cette tendance avant-gardiste qu’elle nous convie. Micheline Hachette, Woodie Roehmer, Anne-Catherine Caron et Virginie Caraven se retrouvent là pour avoir continûment et sans relâche défendu par leurs œuvres et leurs actions les conceptions esthétiques neuves dont Isidore Isou posait les fondements, dès 1945, en arrivant à Paris après avoir abandonné sa Roumanie natale durement meurtrie par la Seconde Guerre mondiale.
En complément d’inédits apports culturels, les théories économiques de cet auteur, en rapport avec l’étude de l’ensemble des catégories sociales du marché, l’ont conduit, dans le cadre de la mise en valeur de l’externité et en relation avec l’émergence, dans le courant des années 70, des revendications féministes nombreuses, à exprimer, sur ce sujet, le point de vue du Soulèvement de la Jeunesse et de l’Economie Nucléaire.
C’est dans le contexte de ce mouvement et, précisément dans cette visée, que la distinction des femmes, artistes de ce groupe, pleinement accomplie dans la présente manifestation, avait déjà connu des précédents par le passé. Le premier regroupement de femmes lettristes au sein d’expositions autonomes remonte à 1978 et se concrétisera par une exposition intitulée «Sept femmes lettristes», présentée à la Librairie-Galerie Fabrice Bayarré; un autre à la galerie Bernard Felli aura lieu en 1989, sous le titre de «Féminins lettristes». Plus récemment, c’est au Musée d’Art Contemporain d’Albisola que cette option prendra un tour plus politique et social avec «Le Lettrisme au-delà de la féminitude». C’est ce même ensemble qui se voit prolongé et augmenté, notamment sur ce double plan, aujourd’hui, à la Villa Cernigliaro. »
Anne-Catherine Caron, extraits du catalogue de l’exposition (160 pages, avec des textes d’Isidore Isou et d’Anne-Catherine Caron: «Murmure de femmes autour du Lettrisme» et 87 reproductions dont de nombreuses inédites).
Commissaire de l’exposition: Anne-Catherine Caron
Direction artistique et coordination générale: Carlotta Cernigliaro
Gestione organizzativa e tecnica Buonsegno società cooperativa sociale
Direction administrative: Pierluigi Perinotto
Service de Presse: Dina Pierallini
Pour informations: - Zero Gravità Carlotta Cernigliaro +39 3386130616 - 015-2562174
info@villacernigliaro.it www.villacernigliaro.it www.zerogravita.it- Art&Design Dina Pierallini +39 338 3895367 dina.pierallini@fastwebnet.it www.dinapierallini.com
Villa Cernigliaro Demeure historique

dimanche, décembre 02, 2007

THEATRE












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L'exposition THEATRE SENSE THEATRE , présente des oeuvres de Isidore Isou, Maurice Lemaître et Roland Sabatier, du 16 novembre 2007 au 18 février 2008, au Museu Berardo de Lisbonne, après avoir été proposée par le MACBA de Barcelone.
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Représentation de la pièce de Roland Sabatier, Graal ou la leçon des rois, sur la scène du Théâtre du Conservatoire d'Art Dramatique de Paris, le 16 décembre 1964, dans le cadre du programme d'action pour la rénovation du théâtre contemporain, organisé par le Théâtre Neuf.
Sur la photo : de dos, à droite, Roland Sabatier dessinant sur un tableau les impliques décoratives de sa pièce; au centre, de dos, Micheline Hachette et Pierre Battini (de face) exécutant les paroles et les gestes de cette oeuvre.

vendredi, novembre 09, 2007

LES PUBLICATIONS PSI

PARUTIONS RECENTES

















Ouvrage tiré à soixante exemplaires sur B.F.K dont les vingt premiers, numérotés de 1 à 20 et signés par l’auteur, comportent en hors texte un collage et gouache signé par Roland Sabatier et en outre recouvert d'une jaquette repliée avec étiquette collé. Format: 21 x 14,5 cm. 31 pages. Editions 2008
ANNE-CATHERINE CARON
LES SUIVEUSES CHRONIQUES DE LA SOCIETE DU LETTRISME, Paris, octobre 2007.
51 pages, broché, 14,5 x 21 cm, contenant dix dessins de la série Appendice à Après le Discours.
Tirage à cinq cents exemplaires dont les dix premiers, comportant en outre un dessin original sur Arches, sont signés par l’auteur et numérotés de un à dix.
Les Chroniques de la Société du Lettrisme ont été conçues par Anne-Catherine Caron, sous plusieurs formes plastiques et narratives, notamment dans la série Romanzo di una Lettrista qui fut l’objet d’une exposition personnelle, en février 2006, à la Galleria delle Donne de Turin. Les Suiveuses, imaginées par l’auteur durant la même année et parues dans Les Enfants de la Créatique et du Lettrisme, à partir du 1er janvier 2006, représentent un nouveau chapitre de cet ensemble.
Les Suiveuses se manifestent au travers de la mise en scène de deux femmes, artistes de l’Ecole Créatrice, propulsées dans le Super-Cosmos. Elles matérialisent leurs pensées, égrenées au cours de onze dialogues, dans le cadre d’un voyage sur la planète Terre. Telles de nouvelles Candides, elles découvrent la Société Lettriste instituée depuis l’avènement de cette Ecole fondée par Isidore Isou en 1945.
Utilisant les armes de la Super-Critique, ces deux délicieuses Suiveuses, héritières de George Sand, de Rosa Luxemburg, de Marie Curie ou de Berthe Morisot témoignent des avancements de l’Ecole Créatrice et se manifestent comme les Ombres Intouchables des deux personnages de Les Visiteuses, inventés par Roland Sabatier, dès 1990, sur lesquels se greffent, comme un double ironique et diabolique, leurs actions et leurs jugements.
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ROLAND SABATIER
ŒUVRES POETIQUES ET MUSICALES
LETTRISTES, APHONISTES, INFINITESIMALES ET EXCOORDISTES (1963 – 2007), Paris, novembre 2007.
406 pages, broché, 21 x 29 cm.
Cet ouvrage se présente comme une anthologie des œuvres poétiques et musicales lettristes écrites ou composées par Roland Sabatier depuis la fin de l’année 1963, à partir de sa rencontre avec Isidore Isou et le Lettrisme à l’occasion d’une soirée consacrée à ce mouvement à la Biennale de Paris.
Il comporte plus de 300 pièces concentrant les apports de cet auteur dans les différents nouveaux secteurs formels de l’histoire de la poésie et de la musique.
Cette édition comprenant également des pièces inédites nous permet de retrouver les réalisations les plus célèbres de l’un des explorateurs les plus systématiques et rigoureux que connaît l’art sonore contemporain telles que Koeur à quatre, 1963, La Révolte des e muets, 1964, Poème aphoniste pour quatre instrumentistes, 1964, Chant simpliste pour rumeurs, voyelles et a-lettres, 1965 ou, particulièrement, l’ensemble des pièces réunies sous le titre de Œuvres musicales et poétiques que je n’ai pas composées, 1976, qui a l’objet d’une tonitruante diffusion sur France-Musique.

vendredi, octobre 12, 2007

CINEMA













Roland Sabatier, dessin préparatoire pour le film "Dialogue entre des artistes d'avant-garde conscients de leurs responsabilités à l'égard de l'histoire et de la création" (Installation à la Galerie Arcade, septembre 1991. 
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LES CAHIERS DU CINEMA n°626 (septembre 2007).
Un article de jean-Piere Rehm consacré à Isidore Isou.
Les Cahiers du Cinéma publient un article sur Isidore Isou, intitulé « Dors Isidore, Isou est passé en nous ».
En 1951, Traité de Bave et d’Eternité annonçait la naissance du cinéma moderne que, l’année suivante, dans les Cahiers du Cinéma, Jean-Louis Scherer (Eric Rohmer) commentait abondamment en marquant le grand intérêt que le film représentait.
Aujourd’hui, après la mort d’Isou, les Cahiers du Cinéma (dans le numéro n°626, septembre 2007) se souviennent à nouveau du créateur du Lettrisme en publiant, sous la plume de Jean-Pierre Rehm, un article qui, resituant Isou dans l’ensemble de ses apports, donne une vision synthétique et vivante de la rupture que constitue ce film.
Nous regrettons que le critique positionne les premiers films réalisés par d’autres à la même époque comme des illustrations des thèses développées par Isou dans son Esthétique du Cinéma (Revue Ion, 1952), alors qu’Isou lui-même a dénoncé ces réalisations pour n’être que des expressions hors du champ du cinéma lettriste, réduites à des expressions d’inspiration dadaïstes et surréalistes.
De la même manière, nous déplorons que Jean-Pierre TRehm, après tant d’autres, relie l’apport poético-musical que représente le Lettrisme à la poésie dadaïste en général et à Ursonate de Shwitters en particulier, alors que ce dernier n’a proposé dans le cadre nihiliste du mouvement de Tzara que quelques « coups » sans lendemain d’arrangements aléatoires et gratuits, tandis que le premier dévoilait dans l’art des notes et des vers deux arts foncièrement nouveaux.
Il est à noter que Jean-Pierre Rehm avait postfacé l’édition réalisée par les Editions Hors Commerce, publiée en 2000, du texte du Traité de Bave et d’Eternité, sans qu’Isidore Isou ait pu avoir un droit de regard sur cet écrit qu’il n’a pas approuvé du fait que son propos, axé sur le zeugme, lui semblait étranger à l’apport du discrépant.

S’agissant de la critique, Isou pensait que « La critique cinématographique n’a possédé jusqu’ici que des « tempéraments », qui ont jugé les films selon le simple « flair » ou une échelle esthétique personnelle, souvent même extérieure au cinéma (marxisme, christianisme, etc.). Les jugements ainsi obtenus vont des erreurs les plus grossières aux éclairs les plus pénétrants. A côté d’idées originales, on trouve chez les plus grands critiques (Delluc, par exemple), comme chez les plus grands cinéastes (Gance, Chaplin, Renoir, Stroheim, Clair, etc.), des déclarations péremptoires qui ont été totalement démenties par les faits et dont certains d’entre eux rougissent encore aujourd’hui.
La faute en est au manque d’un système critique applicable à toute œuvre nouvelle, qui permettrait de la placer exactement dans l’histoire du cinéma, dès son apparition.»





APPARITION D’UNE DISPARITION
(bande titre lettre blanche sur fond noir)
Séquence filmique infinitésimale d’Anne-Catherine Caron
présentée à l'occasion des 25 ans de Light Cone, le 15 septembre 2007 aux Voûtes, à Paris.
La photographie ci-dessous, montrant Isidore Isou en compagnie d'Anne-Catherine Caron, a été prise sur la scène de la Rotonda della Besagna, à Milan, dans le cadre de Milano Poesia, le 31 mai 1985, lors de l'interprétation par le fondateur du Lettrisme de son oeuvre "Contre les positions réactionnaires, néo-nazies de la poésie sonore".

vendredi, septembre 07, 2007

SPECTACLE

Si les lettristes sont irrécupérables jusqu’à la Société paradisiaque, alors Isou est irrécupérable pour l’éternité des temps à venir.

Le mensu"el "Beaux-Arts magazine", n° 279, de septembre 2007, consacre en sa page 9, sous le titre de "Lettre morte", à la rubrique Vu par la rédaction", les lignes suivantes sur la disparition d’Isidore Isou :
« Point d’éloge funèbre au 20 heures. Point d’hommage rétrospectif en double page. A la différence d’Antonioni ou de Bergman, lui n’aura eu droit qu’à la rubrique nécro. Certes, Isidore Isou n’était pas une star. Certes, son cinéma à lui était une tentative de destruction du cinéma lui-même. Certes, il avait critiqué et injurié sans modération l’industrie culturelle et médiatique de son temps. Oui, mais il était un messie, le héraut d’une avant-garde : le Lettrisme. Subversif, révolutionnaire, il était un génial théoricien de la littérature, de l’art et de la vie. Situationniste avant la lettre, punk avant l’heure. Alors, certes, il n’aura pas fait l’actualité, mais après tout, voir sa mort annoncée entre une pub et un reportage sur la superproduction de l’été aurait peut-être été le pire des éloges funèbres. »

jeudi, août 09, 2007

LA SOCIETE DU LETTRISME

ISIDORE ISOU ( 29 JANVIER 1925 - 28 JUILLET 2007)
"Il est difficile pour un créateur ou un novateur de parler de Dieu.
Déjà le fait d’être un inventeur ou un découvreur paraît un blasphème à des producteurs ou à des réactionnaires qui croient que l'Eternel pense comme eux. Par ailleurs, croire en Dieu paraît une sottise, une perte de temps, à des esprits forts, qui sont, également, le plus souvent, des agents de l'acquis et des rétrogrades.
J'adopte une nouvelle attitude devant l'Eternel - qu a des milliers d'aspects et de noms, dépendant des points de vue auxquels on se place -, une atitude multiplicatrice, d'invention et de découverte, orientée vers le sens du Savoir et du pouvoir, et, aussi, du Paradis que nous souhaitons atteindre, même si cette expression résulte d'une ancienne légende, justement parce que cette conception nous permet d'évoluer. (...)
Respecter l'Eternel, même s'il n'existe pas, comme une conception de notre destinée et de notre orientation, est une vision nouvelle de nos rapports avec lui, car il est le symbole de tout ce que nous souhaitons rencontrer ou devenir, et cela, en évoluant, pour atteindre la société paradisiaque, avec Lui, ou sans Lui, s'il n'existe pas." 
Isidore Isou, "La Créatique ou la Novatique" (1941 - 1976).

Citations choisies par Anne-Catherine Caron en guise d'hommage personnel à son camarade pour toujours plus vivant que tous les vivants.
















Voir Rubrique La Galerie-Du-Sac-De-La-Dame
dirigée par Anne-Catherine Caron
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NOUVELLE EDITION NUMERIQUE PARUE EN JUIN 2007:
ENTRETIEN AVEC ANNE-CATHERINE CARON, dans le cadre de l'Encyclopédie de l'art contemporain de CLAUDE GUIBERT, au cours duquel l'artiste parle notamment de sa rencontre avec le Lettrisme, de son travail sur le roman à signes, tout en rendant hommage aux oeuvres de MICHELINE HACHETTE, WOODIE ROEHMER et de VIRGINIE CARAVEN, dont elle avait présenté les réalisations dans le cadre de l'exposition IL LETTRISMO AL DI LA DELLA FEMMINILITUDE, en 2003, au Musée d'Art Contemporain d'Albisola (Italie)

« LES POSITIONS DU LETTRISME »
CONFERENCE DE ROLAND SABATIER
Le 11 avril 2007 à 13h30 à L’INSTITUT D’ART VISUEL 
14 Rue Dupanloup à Orléans.
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NOUVEAUTES EN ITALIE
Turin
COLLECTION LETTRISTE
INTIME ET ULTIME
Exposition du 21/4 au 27/5/2007
Isidore Isou, Gabriel Pomerand, Maurice Lemaître, Roland Sabatier, Micheline Hachette, Alain Satié, Jean-Pierre Gillard, François Poyet, Gérard-Philippe Broutin, Woodie Roehmer, Anne-Catherine Caron, Virginie Caraven.
Curatori Roland Sabatier et Anne-Catherine Caron
Villa Cernigliaro Dimora storica
I -13817 Sordevolo, Via Clemente Vercellone 4 Tel. 015.2562793
Ouverture : vendredi, samedi, dimanche de14h à 19h et sur rendez-vous.
Entrée gratuite
Vernissage Samedi 21 avril à 17 heures










VOIR COMMUNIQUE DE PRESSE "COLLECTION LETTRISTE" à LA RUBRIQUE EXPOSITIONS

Vérone
PIANOFORTI LETTRISTI
Vendredi 13 avril et lundi 23 avril 2007
Voir rubrique EXPOSITIONS

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EXPOSITION A L'ATELIER LETTRISTE
PROSE VOILEE SUR MATISSE
ANNE-CATHERINE CARON (voir rubrique Exposition)

Le site de Roland Sabatier, tant décrié pour son aspect minimaliste et anti-site, vient de vivre un moment capital de son existence : la page d’accueil, où figurent ses « concepts », qui était si anormalement lente à apparaître, surgit, à présent, littéralement et instantanément sous nos yeux. Une telle modification mérite d’être signalée.
Par contre, l’intérieur du site que d’aucuns jugent impénétrable, s’est enrichi de nouvelles rubriques : un entretien entre l’auteur et Eric Monsijon sur le thème de « Lettrisme et pédagogie », un extrait sonore de son film infinitésimal « Mise en place de rires justes sur une société injuste » et l’annonce d’une publication à venir intitulée « Petites classes du Lettrisme ».


LISTE DES PRINCIPALES EXPOSITIONS
ET MANIFESTATIONS LETTRISTES EN Italie ETABLIE PAR ANNE-CATHERINE CARON (VOIR RUBRIQUE: ACTUALITES, PUBLICATIONS, MANIFESTATIONS).
NOUVEAU SITE ISIDORE ISOU, PUBLICATIONS COMPLETES


Anne-Catherine Caron
En septembre 2006, devant son roman de 1977 :
"J'écris mécaesthétiquement (Roman hypergraphique illustré)"
également titré "J'écris à Bertrand, Roman"
1977.
(extrait).
Œuvre actuellement présentée dans le Site Officiel du Lettrisme (Voir lien)
Technique mixte sur 44 papiers de différentes couleurs, bois et pinces, le tout constituant un ensemble mural de 150 x 90.
Œuvre réalisée à Paris entre le mois de juin et septembre 1977 et qui a figuré la même année dans l'accrochage du Salon Ecritures 78, au Musée du Luxembourg.

A C T U A L I T E
OEUVRES DE PEDAGOGIE ESTHETIQUE
EXPOSITION ROLAND SABATIER A RENNES
Du 9 novembre au 22 décembre 2006
Vernissage le 8 novembre à 18 heures
(Voir rubrique "EXPOSITION")




















Anne-Catherine Caron
Les Fleurs de Goethe, 2006.
Cette oeuvre a été exposée parmi les nombreuses mécaniques et oeuvres infinitésimales en complément du "Schéma de l'évolution des éléments de la comunication visuelle", lors de sa présentation au SEPA de Rennes, du 9 novembre au 22 décembre 2006, dans le cadre de l'exposition "Oeuvres de Pédagogie Esthétique" de Roland Sabatier.








OUVERTURE PROCHAINE DE LA GALERIE DU-SAC-DE-LA-DAME
(Voir rubrique correspondante)

CREATION DE DEUX NOUVEAUX SITES:
SITE ANNE-CATHERINE CARON
SITE MICHELINE HACHETTE


INFOMATIONS SUR "LE TAS D'ESPRITS" (SEPTEMBRE - OCTOBRE 2006) DANS LA RUBRIQUE "EXPOSITIONS" ET "ACTUALITES"
INFOS FLASH LE 23 SEPTEMBRE 2006 : PRESENTATION DES SITES INTERNET LETTRISTES ET D'AVANT-GARDE (ORGANISEE PAR ERIC MONSINJON) : 17 H 30
























DEBAT AVEC BEN ET ROLAND SABATIER AUTOUR DE LA VERITE DANS L'ART, LES LIMITES DE L'ART, LA FIN DE L'ART"
















Ben Vautier et Roland Sabatier, à l'Ecole des Beaux Arts, le 22 septembre 2006 lors d'un débat organisé autour de l'art.





Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle 
3 août - 12 août 2006 
LE SURRÉALISME EN HÉRITAGE : LES AVANT-GARDES APRÈS 1945 
Direction : Olivier PENOT-LACASSAGNE, Emmanuel RUBIO
VENDREDI 4 AOUT 2006 : CONTRIBUTIONS DE ROLAND SABATIER ET D’ERIC MONSIJON
(Voir rubrique Actualités)

LES VISITEUSES: (RE)VU DU LETTRISME.

















11. LA SUPER-PROPAGATION
M.H. – J’ai appris par la presse italienne, dans un article écrit par un critique progressiste, que RS, EM et ACC sont allés dans un grand colloque universitaire du monde terrien.
W.R. – Oui, cela fait partie de la Super-propagation qui est l’un des buts de l’Ecole Créatrice. Replacer toutes les richesses du monde de la Créatique dans un cadre ajusté, pour éviter, notamment le « figisme » révolutionnaire en art et ailleurs.
M.H. – C’est un travail de Romains !
W.R – C’est aussi un travail de Cerisyens !
W.R. – Je crois que le critique en question fait figurer Duchamp, Breton et Isou sur une même photo.
M.H. – Oui, c’est vrai, mais pas sur le même plan !
W.R. – Tu peux un peu expliquer ?
M.H. – Non pas maintenant. Tu trouveras de nombreuses élucidations grâce à la publication des actes de ce séminaire et elles permettront d’éclairer les tenants et les aboutissants de toute cette affaire historique, les questionnements relatifs aux avant-gardes et à la soi-disant fin de l’art. Si je l’ai bien compris, c’est surtout, RS qui traite de cette problématique dans nombre de ses recherches actuelles.
W.R. – Aujourd’hui la confusion est grande – du moins c’est ce que je crois avoir compris, mais peut-être que je me trompe, moi, je ne suis pas une Visiteuse, mais une simple Suiveuse – j’entends parler, d’une part, de réalité totale et d’un monde totalisant, de tautologies et de stéréotypes, du négatif ou d’un tout et d’un rien non nommé et de sa critique.
M.H. – Il faudra définir tous ces concepts et que tu m’éclaires, que tu mettes pour moi de la lumière dans tout cela pour que je puisse vivre sans toutes ces angoisses, ces doutes, cette confusion ambiante.
W.R. – Dans ce monde de la relativité absolue, du scepticisme élevé en loi qui aligne toutes les données du Savoir et de la Culture sur le même plan, je te comprends parfaitement.
M.H. – C’est un peu l’histoire de « La loi de la Jungle à la Loi des Créateurs », sans vouloir emprunter un titre à un auteur connu…
W.R. – Pour en revenir au Colloque de Normandie où l’on peut dire que le Super-groupe a débarqué, il a également été question du concept de groupe, tu veux dire du groupe de la Super-Structure ?
M.H. – Oui, à travers des exemples concrets concernant plusieurs membres depuis la fondation de l’Ecole.
W.R. – Une école dont le rôle est justement de propager, d’étendre, de clarifier, d’expliciter des fonctionnements inhérents aux formes et aux hommes dans ces cadres précis, sans vouloir trop « hermétiser » mon propos.
M.H. – Alors moi, je voudrais en finir avec le royaume des intellectuels propagandistes d’eux-mêmes et d’une éternité d’errements renouvelés et sclérosés pour parvenir à saisir les significations précises et peut-être « miraculeuses » de la Société futur du Klados pur.
(Lors d’une précédente intervention, nous avions transcrit « AS » , pour signifier « as », c’est-à-dire, les premiers, les meilleurs, les plus puissants. Le recours aux capitales nous semblait en mesure d’appuyer sur ce point. En cela, nous nous moquions des « Visiteuses : Vu du Lettrisme » dont les propos ne sont pas exempts de déclarations situées à ce niveau. Et comme dans cette circonstance, des critiques nous ont été faites du fait d’une interprétation différente de ces initiales, pour éviter ce genre d’ambiguïtés, nous pensons préférables, dans l’intervention présente, de signifier clairement que « ACC » signifie Anne-Catherine Caron, « EM », Eric Monsinjon, « RS », Roland Sabatier).

10. GOUT, GOUFFRE ET GAFFE
M.H. – « C’était bien un créateur qui cheminait sur la route. Encore et toujours éclairé par les phares de la nouvelle culture qu’il venait de découvrir, il avançait sûr de lui… Mais au fur et à mesure de ces avancements progressifs, il rencontrait de nombreuses embûches ».
W.R – Que fais-tu, tu pastiches San Antonio-la-mauvaise-littérature-à-thème, c’est un peu bas de ta part…
M.H. – Je suis dans le divertissement positif… mais j’explore aussi la biographie d’un être exceptionnel, hors du commun…
W.R – Tu veux dire un héros de roman ?
M.H. – Oui, en quelque sorte, mais j’y mêle aussi un contenu original de sentiments, comme dans le roman populaire, mais j’ajoute des nuances. Parfois, je ne suis moi-même que nuance inifnie.
W.R – Mais tu sais qu’à travers de multiples approfondissements successifs dont se dote le genre romanesque qui va connaître son apogée au cours du XIXème siècle...
M.H. – Je te coupe car je suis actuellement en train de suivre une série de séminaires qu’ACC organise sur ce sujet, c’est passionnant, la révolution opérée par SCB dans le roman.
W.R – Tu veux parler du roman hypergraphique ?
M.H. – Pas seulement…
W.R –Il y a aussi les métécisations, par exemple et le travail de Broutin…
M.H. – Ah ! Oui, Gérard-Philippe Broutin qui vient de faire une exposition chez un galeriste italien, R. P. me semble-t-il.
W.R – Tu fais tout de même des raccourcis car il y a d’autres précurseurs en la matière.
M.H. – Oui, bien sûr, c’est justement sur ce sujet que ACC prépare une étude, elle m’a dit qu’elle a encore du matériel à réunir…
W.R – Oui, car il y a roman et roman, de la nouvelle prose et du chaos, si je puis dire.
M.H. – Pour le moment, Je finirai provisoirement par une citation en ce qui concerne ces “mille fois plus fastueuses et plus opulentes façons que tout l’art de l’ écriture a mis en oeuvre au-delà de Cicéron jusqu’à Joyce:













Citation de Roland Sabatier, extraite de son roman hypergraphique "Gaffe au golf", 1964.


9. LES EGERIES DE L’ECOLE CREATRICE
M.H. – Aujourd’hui, j’ai mille ans, comme le disait B, et je pense aux muses, aux égéries, aux Camille Claudel, aux Nush, aux Gala et autres inspiratrices conseillères de grands Maîtres de l’Humanité… mais aussi à des déesses comme Athéna, Aphrodite, Vénus….
W.R. – Et elles te plaisent toutes ses femmes ?
M.H. – Ce n’est pas à ce niveau que je me situe.
W.R. – Il est vrai que tu viens, comme moi, d’une autre planète…
M.H. – J’ai envie de te répondre « Any where out of the word »… Tu comprends, ce n’est pas une histoire de goût personnel, d’émotions, de désirs mouvants, de simples impressions. Cela ne correspond pas non plus à ce qu’on apprend dans les lycées ou les universités, dans les églises, les mosquées ou les synagogues; ce n’est pas non plus dans les bibliothèques habituelles ou dans les revues intellectuelles d’ici-bas. Il s’agit d’être en mesure de situer à leur juste place et valeur des hommes et des femmes qui ont fait progresser l’humanité….
W.R. – Tu veux dire que si l’on ne possède pas le système, la matrice, la superstructure, la ligne d’or d’une régie sous-tendant de multi-distinctions très fines et subtiles répertoriées sur une cartographie ultra-clarifiante, on est capable d’apprécier tout et n’importe quoi ?
M.H. – Oui, exactement, sur la Terre cela se traduit par MD égal les Bronzés et NS égal n’importe quel film d’Alain Resnais ou Godard…
W.R. – Bon, mais ce n’est par hasard si tu as cité des femmes, des femmes qui assistent, qui secondent, des mamans, des putains, des infirmières, des maîtresses, des femmes quoi !
M.H. – Il ne faut pas tout confondre ! Les accomplissements progressistes de l’humanité n’ont pas de sexe, comme l’argent n’a pas d’odeur, oserais-je dire… le corps n’est que le support de notre âme, mâle ou femelle…
W.R. – Il y a quand même des différences ?
M.H. – Bien sûr ! C’est ce que nous constatons ici… Elles sont d’ordre biologique et sont issues de la création détournée de ses objectifs, de la super-aliénation des individus, de siècles où certains hommes étaient eux aussi esclaves de l’ignorance.
W.R. – Et parfois d’eux-mêmes !
M.H. – Oui, plus précisément du non-savoir intégral, de leur inconscient et de l’absence d’avancement de certains domaines de la connaissance, ce que notre GCS-B appelle aussi la multi-ignorance.
W.R. – Bon d’accord, mais si c’était à refaire, voudrais-tu être un homme ou une femme ?
M.H. – Ca c’est une question trop attendue et trop banale de ta part ! Et pourquoi ne me demandes-tu pas, pendant que tu y es, ce que je pense de l’utilisation du Viagra…ou si je crois en Dieu ?
W.R. – Non pour Dieu, je ne te pose pas la question car chez nous, l’affaire est réglée depuis longtemps, nous concevons les forces divines à l’image d’un Créateur, lui-même soumis aux Lois de la Créatique.
M.H. – Bon, mais pour répondre à ta question sur un sexe à choisir avant de naître, cela me fait penser à la méthode académique de la connaissance philosophique aux contenus flous et fragmentaires que GCS-B oppose à la méthode de la connaissance kladologique. Demande-moi, au contraire, si je souhaiterais devenir un inventeur ou un découvreur de domaines de la Culture et de la Vie, ou si, plutôt, je souhaiterais me situer comme un honnête producteur recherchant l’équilibre et le bonheur, profitant des créations d’hier et s’exaltant aux côtés des êtres qui parviennent à défricher des territoires neufs et inconnus, tout en espérant, moi aussi, grâce à la méthode de novation, par une sorte de rotation-passerelle, entreprendre un chemin créateur. Tout sexe confondu, bien sûr !



8. L’INVOLUTION DES « AS »
M.H. – Je voudrais te parler des discours rapportés, çà et là…
W.R. – Tu veux me dire que tu as entendu des discours indirects ?
M.H. – En quelque sorte. Tu sais, il y a discours et discours.
W.R. – Bon, dans ces développements oratoires qui ont lointainement à voir avec un certain art de raconter des histoires et qui ont eu lieu durant les événements d’un certain mois de mai dont on parle encore ici…
M.H. – Tu veux parler d’un fait précis ?
W.R. – Non, de quelques-uns qui donnaient l’impression d’énoncer des diktats. C’était au cours des réunions de la Super-structure.
M.H. – Ah ! Oui, je suppose que tu fais allusion à ceux qui tenaient des propos méprisants sur les intervenants et les mixités externisantes.
W.R. – Oui, la seconde catégorie n’existait même pas pour eux !
M.H. – A mon avis, ces discoureurs se manifestent aujourd’hui encore et, pour les avoir observés dans leurs agissements actuels, ils me sont effectivement apparus dans toute leur insignifiance.
W.R. – Tu veux dire dans toute leur vraisemblance, je suppose.
M.H. – Ce sont des gens qui ne sont pas très aigus et même parfois ambigus, me semble-t-il.
W.R. – C’est n’importe quoi ! C’est du délire ! C’est non analytique !
M.H. – Oui, mais c’est moins drôle que la paranoïa critique !
W.R. – Au fond, là aussi, c’est encore la question des substrats culturels. C’est un klado-déplacement, un désajustement chronique. Car, dans leur propos, il y a un soupçon de « je concentre tout sur moi-même », sur ce « eux-mêmes » qui n’est que l’impression qu’ils veulent donner d’eux.
M.H.. – Tu veux dire qu’ils sont dans l’illusion, dans un abus du moi.
W.R. – Précisément, dans ce « eux-mêmes » qui n’existe pas.
M.H. – Je crois qu’il ne faudrait pas trop les accabler tout de même…
W.R. – Certes, mais notre mission pour une Société avancée demande de la rigueur… GCS-B requiert de nous des super-exigences et des garanties sérieuses dans ce nouveau moment stratégique. On ne peut pas se contenter des frimeurs, des emberlificoteurs, même si nous comprenons qu’ils sont dans l’erreur.
M.H. – Que suggères-tu, alors ?
W.R. – Il faudrait pouvoir leur parler, communiquer …
M.H.. – C’est impossible, ils sont dans la fin de non-recevoir. Ils se sentent supérieurs. Ils se moquent de nous au nom de leur passé historique d’ici-bas.
W.R. – Tu sais ce passé historique est relatif, c’est même en ce qui les concerne un passé simple et... simpliste au niveau de développements non coordonnés…
M.H – Au fond, tu veux dire, d’une part, que leurs apports resteraient limités...
W.R. – Mais n’oublie pas que c’est la création qui est l’éternité devant l’Histoire.
M.H – Ca, c’est CSB qui le dit dans un contexte large…et, je reprends, que d’autre part, ils font preuve d’excès au niveau non seulement discursif…
W.R. – ... mais également de leurs bases parfois anarchiquement structurées. Alors, nous allons prendre nos distances.
M.H. – Oui, car ils sont en dehors de nous. Leur l’involution même passagère est plus que jamais malvenue.
W.R. – J’ai l’impression que la morale de notre discours à nous, c’est que, sans vouloir jouer aux « policières primaires » …
W.R. – Tu veux dire aux visiteuses douteuses.
M.H. – Oui ! il faudrait créer un super-comité de vigilance et d’écoute pour la libération des ego systématisés individuels !
W.R. – Tu as raison nous ne sommes ni des vérificatrices, ni des contrôleuses bornées, nous voulons tout simplement comprendre !

7. L’INTROJECTION : LES ENFANTS DE LA CREATIQUE PASTICHENT LES VISITEUSES
M.H. – Pourquoi ne revenons-nous pas à ACC et à ses romans. J’ai toujours été intriguée par ses titres qui reprennent systématiquement cette appellation.
W.R. – Elle n’est pas la seule à avoir parlé de roman, et loin de là. J’ai vu d’autres œuvres intitulées ainsi, elles ressemblent à des peintures depuis que GCS-B a proposé cette nouvelle forme de narration en 1950.
M.H. – Oui, mais on raconte aussi qu’ACC travaille sur une « Histoire du Roman lettriste », et qu’elle commence par RS ou bien JPG… je n’ai pas bien compris.
W.R. – Pourquoi associes-tu ces deux noms ? Il est vrai que cela me dit quelque chose, ces deux noms mis ensemble.
M.H. – Oui, tu les as entendu évoqués par Carlotta C. qui est venue voir son exposition, « Romanzo di una lettrista », alors que nous étions à la Galleria delle donne pour notre mission afin de réfléchir sur cette idée de la féminité dans le Lettrisme. Tu sais, ces idées d’exposition de femmes. Il faut réfléchir à ça... pourquoi pas des expositions d’hommes après tout ?
W.R. – Tu veux dire qu’à l’image de « La Mécanique des femmes » l’on pourrait faire « La Mécanique des hommes », comme l’a dit récemment ACC.
M.H. – J’ai l’impression que tu manies trop d’idées d’un coup. Tu t’éloignes de la kladologie et tu deviens franchement confusionniste. Cela sans vouloir te blesser, naturellement.
W.R. – Tu as raison, revenons à l’expo que j’ai revue avec Carlotta et sa petite fille blonde comme un Botticelli…
M.H. – Oui, alors ?
W.R. – Je voulais te dire que dans le roman d’ACC qui raconte sa vie dans le Lettrisme, elle introduit des tas de personnages et j’y ai vu un portrait de JPG… il y a quelques années et celui de RS maintenant.
M.H. – Tu veux dire qu’à partir de GCS-B, sa vie est allée de JPG à RS ?
W.R. – Oui, c’est ce que certains ont raconté pour fabriquer de la légende et faire une analogie avec la vie de George Sand qui reste associée à AdeM. et à FC.
M.H. – Elle dit peut-être cela, mais peut-être ne le dit-elle pas ?
W.R. – Finalement, ce que tu veux dire exactement, c’est que ses personnages ne sont pas des personnages qui agissent, mais qui se regardent agir, un peu comme dans le roman qui réfléchit sur lui-même.



6. TU TE LAISSES ALLER
M.H. – Je vais te faire vivre une séance de super-klado-exigence.
W.R. – Pourquoi ?
M.H. – Parce que j’ai le sentiment que depuis quelques temps, tu te relâches, tu vis dans des dimensions restreintes, fragmentaire du genre « Luxe, calme et Volupté », « Tout le reste est littérature », « L’histoire est un cauchemar dont j’essaie de m’éveiller » et même « Tous Dieux, tous Maîtres ».
W.R. –Tu me persécutes ! Tu me renvoies à mon manque primordial. Je fais tout pour l’oublier et quand j’y pense, je suis malheureuse comme les pierres. Tu me pétrifies littéralement !
M.H. – Bon, l’hyper-clarification, ça passe par des actes, par du faire, quoi ! En fait, avec toi, je voudrais plus précisément revenir sur cette notion d’écriture…
W.R. – Tu parles des notations utilitaires dont je me fous éperdument.
M.H. – Pas seulement, je voudrais te parler du flot de la pensée qui se canalise sous la forme d’une prose post-joycienne…
W.R. – Tu parles d’un métier, d’une pratique. Mais, ça, je le sais, la littérature signifie avant tout un problème de « technique ».
M.H. – Oui, mais on évolue dans son usage et dans son agencement, au niveau personnel, du moins.
W.R. – Tu veux parler des matières inédites extraites de ce cerveau en friche qu’est la nature prolongée par ses moyens de communication…
M.H. – Là tu cites GCS-B. Tu te caches derrière lui, c’est trop facile à la fin ! Je veux parler de pourquoi, parfois, tu fais ou tu ne fais pas…
W.R. – Tu veux que je te dise que l’utilisation personnelle du système de notation communément adopté nécessite un entraînement systématique. Trouver des idées, les dire avec des mots, faire un plan, imaginer un début, une fin, faire des analogies, puiser dans la culture…
M.H. – Je te coupe ! Tout est une question de culture.
W.R. – Alors, cela veut dire que je n’ai pas assez de culture.
M.H. – Je n’ai pas dit ça.
W.R. – Alors, pas assez de culture de l’effort, sans nul doute…
M.H. – Arrête de faire l’idiote, je veux dire pas la culture des enjeux, mais la culture de la vraie hiérarchie des valeurs, la culture du futur, la culture des alentours !
W.R. – La culture de moi aussi, j’espère !
M.H. – Ne joue pas avec les mots. Je voulais dire des autres domaines.
W.R. – Pour te répondre… Tu sais, souvent, je ressemble aux Humaines… C’est parce que, malgré mon désir de faire, je reste souvent dans le désir du désir de faire, je le pense du moins… C’est peut-être parce que je suis maniaco-dépressive ou amoureuse ou, encore, inquiète ou jalouse, c’est peut-être aussi un déni de la personnalité…
M.H. – En fait, je pense que c’est parce que tu as des idées derrière la tête…J’ai même l’impression que tu fonctionnes un peu comme ACC que je connais bien maintenant, au point que j’ai l’impression de l’avoir fabriquée…
W.R. – Mais je ne suis pas devant un tribunal, tu n’es pas le maître absolu, tu n’es que toi ?
M.H. – Cela ne veut rien dire « être-soi ». On est que ce que l’on essaie de faire. Si exister un peu, pour ce « soi » que tu as intégré au point de penser qu’il te caractérise, c’est créer, je t’avoue, qu’à mon avis, ton cas est grave.
W.R. – Alors, moi, j’aurais des idées derrière la tête, je serais ambiguë à ton avis. J’ai l’impression que tu véhicules de vieux clichés arriérés de l’école dépassée…
M.H. – Mais non, tu n’as pas compris ce que je voulais dire. Quand je parle d’idées derrière la tête, je te dis une chose concrète, je ne fais pas un jeu de mots. Je n’ai pas l’esprit mal tourné, moi !
W.R. – Et alors, où veux-tu en venir ?
M.H. – Je parle du fil qui relie l’ensemble du réseau des idées très entremêlées, très confuses, très partielles, très, plus, graves, trop graves, que tu as derrière ta tête. C’est ce fil que je viens de sectionner….
W.R. – Alors, je vais mourir….
M.H. – Oui, ta tête va tomber.
W.R. – Alors, je me rends ! C’est vital pour moi l’écriture, l’as-tu compris ! Pour communiquer les idées de la Créatique ! Celles de nos camarades ! Celles qui concernent les œuvres que j’ai encore à réaliser sur notre planète !
W.R. – Tu me promets que tu ne recommenceras pas, sinon, fini les suiveuses-visiteuses. Je ferme boutique !


Légende de la photo ci-dessous: Woodie Roehmer, "Roman de la fête", 1971.
Acrylique sur toile. 46x38 cm














5. LA FEMME APPROXIMATIVE
M.H.- Aujourd’hui, je voudrais te parler de la représentation de la femme dans la peinture, dans la littérature, dans la sculpture…
W.R. – Là , elle est plus rare !
M.H.- A voir….
W.R. – ... dans le théâtre, la musique, les dessins de GCS-B, la publicité, les bandes dessinés, l’hypergraphie, l’infinitésimal, l’excoordisme, peut-être même dans le super-temporel et dans la pornographie…
M.H.- Tu mélanges des genres très différents !
W.R. – J’en conviens, n’empêche qu’une femme est toujours une femme, non !
M.H.- A voir…
W.R. – Je mélange aussi des idées très différentes…J’en ai bien conscience.
M.H.- Je parie que tu es dans un super-délire organisé qui devrait te conduire à trouver une idée.
W.R. – Une idée de femme, bien sûr.
M.H. – Oui, une idée approximative…c’est-à-dire, à bien y réfléchir, pas du tout une idée…
W.R. – J’ai du mal à te suivre dans les méandres d’une pensée que tu n’exprimes pas…
M.H. – Ce n’est pas que je veuille la garder pour moi, mais elle ne parvient pas à émerger. C’est comme de l’impuissance créatrice, tu comprends…
W.R. – Ca arrive, ne t’inquiète pas….
M.H.- Mais au fond, l’absence d’idée, c’est toujours une idée. C’est un peu la mienne quand je regarde les carrés d’ACC qui n’est nulle part, mais qui est aussi partout avec ses histoires de carrés : dans son « Roman à Equarrir » et, même, dans son extrait des « Années Lettristes » que nous avons vu, elle associe plusieurs styles. C’est comme des multiplates-formes presque hybrides.
W.R. – A moins que cela ne soit volontaire…
M.H. – On ne saura jamais…
W.R. – Il faudra le lui demander.
M.H. – A Ca, surtout pas !
W.R. – Pourquoi ?
M.H. – Parce que, pour moi, l’œuvre doit garder un peu de mystère, comme une femme justement, pour exister… Tu sais qu’il faut mettre ces choses-là en scène, qu’il faut aussi connaître leur contexte, les situer dans l’histoire du domaine qu’elles explorent. Alors, si, en plus, on voulait décomposer et disséquer tous les éléments, les rythmes, les thèmes, les ambiances… Où irions-nous ?
W.R. – Oui, mais la méthode de création, ça existe, ce n’est pas pour les cochons tout de même ?
M.H. – Bon, cela ne fait rien. De toute façon, je viens presque d’homologuer mon idée car, de ce pas, je vais l’exposer au GAM de Turin où des tas de photographes sont présents pour la venue d’Achille Bonito Oliva à l’occasion de « Métropolis ». Il ne s’agit pas du film expressionniste, mais encore une resucée de manifestations où les critiques récupèrent les avant-gardes et surtout leurs créateurs.
M.H.- Tu veux dire aujourd’hui, le 4 février 2006.
W.R. – Oui, à 15h51.
M.H.- Mais, sans vouloir te blesser, ton idée, ne ressemble-t-elle pas à une œuvre réalisée par un autre membre de la superstructure dont j’ai déjà entendu parler.
W.R. – Tu n’as pas encore compris que nous étions dans un jeu de miroir permanent, dans une mise en abîme infinie, dans un vertige de boucles indéfinissables, que, en somme, nous ne sommes pas dans le Réel de la réalité, que nous nous évoluons dans des limbes inqualifiables aux cercles excentriques innommables – tout cela, naturellement, dans le sens propre des termes, j’entends.

4. LA SOCIETE DE LA REPRESENTATION
M.H. – Parfois, j’ai l’impression que tu fais des manières et que tu poses, en somme que tu fais du cinéma…
W.R. – Tu veux dire que je suis égocentrique, narcissique, imbue de moi-même, une statue sans substance, presque une oie vivante… devant une salle vide ou " La Salle des idiots" du film supertemporel d'Isidore Isou.
M.H. – C’est drôle ce que tu dis. Je ne sais pas si beaucoup d’êtres de sexe masculin que j’ai entrevus sur Terre auraient ton recul… Alors que nous sommes si loin, si loin de tout aujourd’hui. Il faut que je t’avoue que moi aussi, je me sens souvent vide, fade, insipide, nulle, moins que rien, au-dessous de tout….
W.R. – Si ce n’était cette dictature éternelle de mon propre regard qui m’habite presque intrinsèquement, je voudrais vraiment être au-dessus de tout, comme nous a définies notre père spirituel qui nous héberge chez lui depuis les années 1990. Mais je pense aussi, de temps en temps, à ce que j’ai essayé d’accomplir de positif…dans l’une de mes vies antérieures, sans vraiment m’en rendre compte..., comme Monsieur Jourdain découvrait la prose, et bien d’autres la super-écriture, sans vraiment le savoir…
M.H. –Tu veux dire lorsque nous défilions à la FIAC avec des tee-shirts externistes…, lorsque nous exposions nous-mêmes dans des salons…
W.R. – Je ne pensais pas à ça, mais au fond, lui, que tu citais plus haut, il a le mérite de nous maintenir bien vivantes. Quelle étrange expression pour nous qui sommes virtuelles et éphémères…
W.R. – Tu veux dire, plus réelles du tout, artificielles !
M.H. – Oui, comme l’essence de l’art, tu sais, l’art des combinaisons gratuites…
W.R. – Pour paraphraser un déviationniste qui est devenu situationniste, je dirais que tout ce qui était réellement notre identité terrestre s’est éloignée dans l’incarnation de la représentation d’un artifice.

Légende de la photo ci-dessus. Isidore Isou. "Le Film supertemporel ou La Salle des idiots", 1960. Installation au Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne dans "Après la fin de l'art - 1945 - 2003".

3. UNE IDEE DE FILM OU UN FILM A IDEE
M.H. – Tu sais que l’on nous filme en permanence comme dans les émissions de télé-réalité…..
W.R. – Tu veux dire que l’on filme la reproduction du déroulement de l’absence d’image de notre existence…
M.H. – Exactement !
W.R. – Mais ça c’est une vraie œuvre qu’ils sont en train d’élaborer sur notre dos…
M.H. – Ca ressemble à un complot organisé…
W.R. – Il y a du collusif, là-dedans…
M.H. – Ca doit être la bande des quatre !
W.R. – La bande des quatre ?
M.H. – Oui, exactement !
W.R. – Tu veux dire ces types qui font partie de la grande famille du cinéma…
M.H. – Oui, exactement !
W.R. – Mais tu sais, c’est comme chez les Frères Lumière ou chez le sous-surréaliste et son frère scénariste, il y en a toujours un qui est plus fort que les autres…
M.H. – Tu veux dire qu’il en est ainsi parce qu’il a fait plus de choses …
M.H. – Et, les autres ?
M.H. – C’est du niveau de la petite chose filmique …
W.R. – Mais il y aussi une fille dans le coup ?
W.R. – Oui, mais tu sais, elle est venue après…
W.R. – Qu’a-t-elle réalisé comme film à voir ?
M.H. – Ses films ne sont pas à voir, ni à écouter, ni à toucher !
W.R. –Alors, ils sont anéantissants !
M.H. – Depuis « Traité de Bave et d’Eternité », tous les films anéantissent…
M.H. – Tu sais bien que « Le cinéma passe d’une phase mobile à une phase immobile. Il cesse alors de bouger et arrive même à se fixer. A un certain moment, le cinéma prendra complètement le contre-pied de ses anciennes agitations. On dira que le cinéma est devenu l’anti-mouvement du cinématographe . »
W.R. – Puisque tu parlais de ceux qui font davantage, je pense à l’auteur du « Songe d’une nudité », qui, justement, néantise allègrement avec « Les Preuves », « Regarde ma parole qui parle (le) cinéma », « Reproduction », « Quelque chose de plus », « Episodes et narration », « De la loi de la jungle à la loi des créateurs », « Dispersions et idées fuyantes », « Le film (n’)est (plus qu’)un souvenir », « Motivations secrètes », « Petits films paisibles », « Le combat permanent pour la création. » « Pour-Venise-quoi ? », « Sur normale constante...
W.R. – Je comprends, elle est belle jusque dans sa démolition, la grande famille du cinéma que tu me décris là !

Légende photo ci-dessus : Anne-Catherine Caron. "Corrélations avec l'éternité", 2004. Film excoordiste sans pellicule, présenté avec des "Romans excoordistes en bandes roulées", 2003. Galleria Balestrini, Albisola, Italie, 2004.

2. MICHELINE ET LE LABYRINTHE
M.H. – Tu te souviens que je t’ai parlé des décompositions labyrinthiques de MH ?
W.R. – Oui, l’homonymie apparente te fait penser qu’il s’agit de ton double comme le Smith d’Edgar Poe…
M.H. – Non pas du tout, d’ailleurs si l’on appelle l’Autre, notre Semblable, c’est qu’il doit y avoir une raison quand même…Ou alors le langage serait arbitraire et non pas une convention, comme je l’ai lu chez certains linguistes d’ici…
W.R. – Où veux-tu en venir, aux Pyramides égyptiennes peut-être ?
M.H. – Oui, exactement…Je pense à la décomposition, je pense à toutes les divisions possibles des signes de la communication… je me dis que c’est ce qu’elle a essayé d’accomplir.
W.R. – Bon d’accord, peut-être…. Mais il y aussi l’introduction du labyrinthe en soi…comme figure.
M.H. – Oui, cela fait naturellement penser aux recherches de Léonard…le thème de l’entrelacs aussi…sans penser qu’il a également parler des nœuds…
W.R. – Ah oui, c’est vrai, comme tout créateur, il a touché à Tout, quoi !
M.H. – Je ne sais pas… car il ne connaissait pas encore les tenants et les aboutissants…
W.R. – Tu veux dire qu’il était encore dans le labyrinthe…
M.H. – Bon, ici le labyrinthe au niveau du symbole, c’est certes l’allégorie de la vie humaine… mais, c’est aussi le processus nécessaire des métamorphoses dont surgit un homme nouveau, quand même…
W.R. – Je parie que cette nuit, tu t’es remise à la lecture d’U. Dédale, Dédalus…
M.H. – Et puis, ces cubes d’ombre sur son déjeuner sur l’herbe infinitésimal qu’elle a dispersés ça et là…
W.R. – C’est une œuvre bien mystérieuse à décrypter…
M.H. – Mais il ne faut pas tomber dans une herméneutique facile, dans la pseudo-culture de l’exégèse-délayage qui empêche de considérer les éléments en tant que tels dans leur organisation gratuite…
W.R. – Mais le labyrinthe c’est aussi la métaphore du passage… vers la mort…, une punition…un parcours prévisible et imprévisible dont quelqu’un connaît l’issue, alors que le promeneur l’ignore…
M.H. – Oui…
W.R. – Il faut se pencher davantage sur son œuvre, elle va nous apprendre la navigation sur la Carte Intégrale des Images Plastiques.
M.H. – Mais je vois dans le petit catalogue « Le Lettrisme au-delà de la Féminitude », qu’elle a également fait, en 1964, des « Lettres superposées »… une autre œuvre qui s’appelle curieusement « Thème », c’est puissant, ça… une autre qui parle de sadomasochisme…Sadoche, Masoche, Basoche….
W.R. – Tu fais un poème ?
M.H. – Non, je n’aime pas les particules sonores à consonance culturée, je trouve que c’est dépassé depuis longtemps… je ne fais qu’associer librement comme ABCD…
W.R. – Oui, mais ça, ça reste limité…l’onirique, l’irrationnel, c’est rétréci aujourd’hui…
M.H. – Oui, c’est comme le labyrinthe, on n’en sort pas… une répétition vide, stérile…
W.R. – Sauf nous, qui avons trouvé les chemins de traverse… sans le vouloir totalement… nous nous sommes abandonnées à nos connaissances…
M.H. – Oui et qu’en reste-t-il ?
W.R. – Le monde du multiple surdimensionnable, tu sais, cet endroit magique, je ne fais pas du bavardage de femmes, de lavandières, Eve, Isis, Psyché, la Vierge Marie, le grand principe de l’univers, peut-être un peu comme dans Plurabelle…
M.H. – Ce qui reviendrait à dire que, pour utiliser ma sentence formulative fétiche, que MH a imprimé du sens qui pourrait signifier que si l’art recherche sa réalisation, il faut aussi que l’être en tant qu’il est phénoménal recherche les moyens de le matérialiser…

Légende de la photo ci-dessus: Micheline Hachette. "Le Déjeuner sur l'herbe (Réinterprétation infinitésimale)", 1978. Exposé la première fois au Salon de la Lettre et du Signe à Paris au Palais du Luxembourg la même année.

1. LE SUPER ORGASME ORGIATIQUE
M.H. – Ah ! la disparition du Psi de JPG, Ah ! la profusion illimitée du texte emblématique de RS, Ah ! les condensations diluées de WR, Ah ! les chinoiseries signiques de FP ! Ah les lettres latines gestuelles de AS ! Ah ! les légendes indiennes de VC, Ah ! les décompositions labyrinthiques de MH !, Ah ! la prose fruitée de GPB ! Ah ! les suites carrésiques d’ACC…
W.R. – Que fais-tu, tu simules un orgasme ?
M.H. – C’est mieux qu’un orgasme, qu’un rythme inoubliable hérité de la passion. Je veux dire que ce n’est pas une mono-jouissance, ou même une bi-jouissance, si tu vois ce que je veux dire...
W.R. – Qu’est-ce que c’est alors ?
M.H. – C’est comme la Carte Intégrale du Tendre…C’est tous les organes à la fois… la plénitude absolue. Je ne sens plus mon corps…Je n’avais jamais connu cela jusqu’à ce moment précis ! Quelle rencontre érotologique !
W.R. – Tu es sûre que tu n’exagères pas un peu ?
M.H. – L’inaltéré, le vierge, l’intouché, l’intact, le superfarfouillage, l’ultra- localisation, la fraîcheur primitive et originelle, quand on en connaît les substructures, le radical, l’étymon, les radicelles, la protohistoire, son germe primordial, ses ferments originaux, ses abysses éternels, son continent noir que l’on pénètre pour le situer justement…jusqu’à sa récognition totale, Ca arrache ! Ca gicle ! C’est irrésistible ! Je te le promets.
W.R. – Je te trouve très expansive aujourd’hui.
M.H. – C’est normal. Je viens de faire l’amour !
W.R. – Je t’ai connue plus retenue…
M.H. – Ce n’est que l’un de mes multi-moi qui parle…
W.R. – Dis-moi puisque l’on parle de « ça », j’ai lu chez un psychanalyste à la mode ici-bas que la femme que tu es toi aussi, ne serait " pas toute »…
W.R. – Ah, oui, c’est vrai….Je dois t’avouer que ma compréhension de ces demi-mots, anti-phrases, sous-entendus post-freudiens…ces insolites escapades gordiennes…est tout de même fort limitée…
M.H. – Oui, mais moi qui n’ai pas ta profondeur psychokladologique, j’appelle ça des jeux de mots ablatifs et « exisoires »…
W.R. – Tout ça parce que l’on ne possède pas ce petit signe de ponctuation hypergraphique supplémentaire qui sert ordinairement pour marquer une pause et qui fait si amoureusement vibrer…c’est un peu beaucoup tu ne crois pas…
M.H. – Tu n’as pas l’impression d’être un peu hystérique, toi !
W.R. – A bas les sales flics psychiatres !
M.H. – Espèce de camisole de force chimique ! Calme-toi, on va sortir. On va aller à la nouvelle cinémathèque « française », à Bercy (enfin, tu sais à Paris, en France) et on va demander de nous passer « Projection », ce film de 1990 aux mêmes signes bleus inlassablement répétés de RS, dont la responsable du film expérimental nous a avoué qu’elle le passait quand elle voulait rire aux éclats…
M.H. – Mais ne t’inquiète pas, je ne fais que te décrire le prolongement du rêve imaginaire, l’archétype d’une hallucination négative, l’anti-délirium tremens que le soupçon d’une idée fugitive émise par le squelette de mon ombre vient de faire surgir d’un opercule inexistant…. Un anti-dialogue pour un anti-film transparent invisible et inimaginable !

Légende de la photo ci-dessus: Jean-Pierre Gillard. "La démarche infinitésimale pour Catherine Caron", 1973. Collection privée, Paris.