jeudi, avril 11, 2013

EN MARGE DE L'EXPOSITION "COMBAT DES IDEES" A BLOIS


Roland Sabatier faisant découvrir un morceau de la « Musique d’ameublement » d’Erik Satie à Ben Patterson, lors de l’inauguration de l’exposition « Combats des idées », dans le cadre de la "Fondation du doute", à Blois, le 6 avril 2013.
(Photo Archives Anne-Catherine Caron)

vendredi, mars 01, 2013

CINÉMA LETTRISTE AU CENTRE POMPIDOU






Le public a heureusement assez souvent l'occasion de visionner le film ciselant et discrépant d'Isidore Isou, Traité de Bave et d'éternité (1951), mais rares sont les occasions d'assister à la projection de films à caractère  hypergraphique.
Le 11 mars prochain, dans le cadre du 4ème Nouveau Festival organisé par Bernard Blistène au Centre Pompidou, ce sont des films représentatifs de cette esthétique qui vont être diffusés sous le titre générique de "Expériences lettristes: Films hypergraphiques".
Amos ou Introduction à la Métagraphologie, d'Isidore Isou, 1953- 1984. 33'.
Au-delà du déclic, de Maurice Lemaître, 1965, 10'.
Evoluons (encore un peu) dans le cinéma et la création, de Roland Sabatier, 1972. 25'.
Venant après le film Le Débat (1952) d'Isidore Isou qui concrétisait la mort d'un certain cinéma, ce nouvel art filmique crée un ordre cinématographique inédit qui s'exprime à travers la multiplicité de l'intégralité des signes de la communication visuelle menée autant dans l'image que dans le son. 
Cet événement qui sera présenté par Roland Sabatier, tend à démontrer que "le cinéma ne peut plus aujourd'hui sauver le monde, mais qu'il doit plus simplement sauver ses auteurs et les  spectateurs qui les suivent du monde du cinéma banalisé." 
Lundi 11 mars 2013 à 16 heures
Centre Pompidou, Paris, Galerie Sud
Entrée libre. 
lien Centre Pompidou
Extraits du film "Evoluons..." de Roland Sabatier
(En illustration : image extraite du film Amos ou Introduction à la Métagraphologie, d'Isidore Isou)
Au sujet de cette manifestation voir l'entretien de Eric Monsinjon avec Anne-Catherine Caron dans "Riposte lettriste": lien >>><<<

mardi, février 12, 2013

ISIDORE ISOU, LA DANSE & OLIVIA GRANDVILLE









En complément de l'écho donné dans "Lettrisme et Externité Féminine" http://lettrismeexternitefeminine.blogspot.fr/ au sujet du spectacle chorégraphique réalisé d'après les conceptions d'Isidore Isou que présente actuellement Olivia Grandville au Théâtre de la Colline, nous signalons deux autres interventions en faveur de cette entreprise du Cabaret discrépant :  Jean-Pierre Gillard et François Poyet dans "Lettrisme XXIe siècle".
http://lettrisme.typepad.com/lettrismofficialxxi/
2013/02/index.html

dimanche, décembre 02, 2012

ROLAND SABATIER: LE VOIR-DIT DE L'EXTERNE ET DE L'INTERNE RECONCILIES

Giulio Baldo — Le 2 novembre 2012, tu as convié quelques collectionneurs dans ton atelier pour leur présenter un ensemble inédit intitulé « Le Voir-Dit de l’externe et de l’interne réconciliés ». Quel sens convient-il de donner à ce titre ?
Roland Sabatier. — Il renseigne sur la structure formelle de cette réalisation ainsi que sur le sujet qu’elle supporte. Il s’agit de la rencontre et de l’entente difficile de deux jeunes dans le contexte culturel, politique et social actuel qui met tout en œuvre pour les séparer. Si l’un d’eux, une jeune femme, se satisfait de son rang à l’intérieur du circuit économique, l’autre, un jeune homme, méprise la place qui est la sienne dans ce même circuit et lutte afin d’améliorer son sort en multipliant des actions singulières liées autant à la « créativité détournée » qu’à la « créativité pure ». L’action à pour référence le Traité d’Économie nucléaire et Le Soulèvement de la Jeunesse, publié par Isidore Isou en 1949 -  dont les termes « externe » et « interne » sont extraits – et se déroule sur fond de luttes et de revendications en rapport avec « le programme du « protégisme juventiste » touchant aux transformations de l’école, du système bancaire, de la planification et du statut des représentants aux postes de responsabilité de l’État.
C’est sur la mise en œuvre de l’ensemble de ces différents plans que les deux protagonistes parviendront finalement à s’ajuster et à s’harmoniser.
G.B.— Le propos est d’envergure et, comme tel, il semble tenir de l’épopéïque. Qu’en est-il du « Voir-Dit » qui, sans ambiguïté, semble nous renvoyer à la poésie du Moyen-Âge ?
RS. — En effet, c’est bien une forme poétique de cette époque et Guillaume de Machaut en est le représentant le plus important. Avec son Voir-Dit de 1364, il s’agissait de textes à deux voix mêlant le récit en vers, des pièces lyriques et musicales et des lettres en prose souvent organisées autour de thèmes autobiographiques et courtois à partir d’un certain nombre de formes fixes de la poésie comme la ballade, le rondeau, le virelai ou la complainte, dont il était lui-même l’initiateur. À l’image d’une telle réalisation j’ai été tenté de concilier au sein d’une même œuvre des arrangements qui tiendraient compte, à parts plus ou moins égales, des possibilités d’expression des éléments modernes dévoilés par le lettrisme autant dans les arts visuels que dans les arts sonores.
Déjà, en 1967, j’avais réalisé Le Voir-Dit de la double obscurité, une partition au sein de laquelle s’interpénètrent constamment des composants aphonistiques et lettriques – et accessoirement infinitésimales - qui, habituellement, s’inscrivent dans des champs séparés. Longtemps, je suis demeuré obsédé par les développements auxquels une telle réalisation pouvait parvenir, notamment par l’insertion en son corps, non seulement des formes ampliques et ciselantes de la poésie et de la musique lettristes, mais, également, de tout ce que la richesse des structures hypergraphiques, infinitésimales, excoordistes et supertemporelles pouvait lui offrir de neuf à travers la variété et la densité des différents arts visuels.
La masse de notes et de documents patiemment accumulés depuis cette époque m’a décidé à entreprendre concrètement Le Voir-Dit de l’interne et de l’externe réconciliés au début de l’année 2005 et je ne l’ai finalement achevé qu’en 2011.
G.B. — La densité du travail est perceptible et le résultat impressionnant, riche d’une infinité de complexités et de nuances. Sans doute par manque de place, la présentation récente exposait les différentes planches rangées dans un porte-folio. Comment devra-t-il se présenter à l’avenir?
RS.  — Il est constitué de cinquante parties, chacune au format 65 x 57 cm, et de vingt-cinq appendices (50 x 57 cm), répartis à raison de dix planches et de cinq appendices regroupés dans une présentation murale sous la forme de cinq Livres distincts de 1,80 sur 2,85 m de large. L’ensemble atteint les quinze mètres de long. Cette possibilité n’exclut pas que l’on puisse le considérer également comme un « spectacle » susceptible d’être interprété sur une scène.
G.B. — Quelle forme ce spectacle prendra-t-il ?
RS. — Il y aura à voir et à entendre. Je veux dire que, en relation étroite avec la partition, il sera formé par des successions de séquences visuelles – projections de proses hypergraphiques et excoordistes versifiées, de bouts de films, de photographies, d’ombres chinoises, de particules électrographiques, de segments aphonistiques et infinitésimaux, de schémas, etc. – et de séquences sonores constituées par des émissions prosodiques et des interprétations de poèmes et de musiques lettristes.
Légende de l'illustration :Le Voir-Dit de l’externe et de l’interne réconciliés, 2005-2011. (Extraits du Livre 1)



dimanche, septembre 16, 2012

LEMAITRE A LA GALERIE SATELLITE




Anne-Catherine Caron : La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était à Gênes….
Maurice Lemaître : Pourquoi Gênes ?
ACC : C’était lors de l’exposition de tes photos dans une Librairie-Galerie, Joyce and Co, il me semble...
ML : Mais tu es très active avec tes Blogs, moi, je vous lis, mais vous, vous ne me lisez pas…
ACC : Détrompe-toi, nous consultons régulièrement ce que tu envoies par la Toile, mais tes textes ne sont pas toujours disponibles…
ML : Tu ne peux  pas me dire cela…
ACC :  Je voudrais faire un entretien…
ML :  Avec qui ?
ACC :  Avec toi…
ML : C’est trop compliqué, je suis fatigué. (il se prend la tête entre ses mains).
ML : Ben cite souvent Sabatier dans sa newsletter…
ACC : Oui, ils se connaissent, il l’a rencontré dès son arrivée à Paris.
ML : Tu es certainement venue ici voir l’exposition des femmes lettristes, mais nous n’avons pas intitulé la manifestation sous ce titre, parce qu’il n’y avait pas Caron et parce que cela aurait fait un peu réducteur…
ACC – Moi, j’en ai organisé plusieurs, toujours en rapport avec l’externité et le Soulèvement de la Jeunesse… Est-ce que je peux te faire une photo...
ML :   Je vais encore me retrouver sur un de tes sites sur Internet !
Bribes d’un échange ayant eu lieu le 15 septembre 2012, à la Galerie Satellite dirigée par Bruno Maisons, dans le cadre de la dernière exposition de Maurice Lemaître « Estampes, sculptures, bijoux » qui pourra être visitée jusqu’au 6 octobre. 

dimanche, juillet 08, 2012

LIENS (LETTRISME)

Site Isidore Isou

mercredi, juin 13, 2012

ROLAND SABATIER : IMAGINAIRES DANS UN JARDIN REEL











ROLAND SABATIER / IMAGINAIRES DANS UN JARDIN REEL /Œuvres infinitésimales (1963-2011) / VILLA CERNIGLIARO / Sordevolo / 10 juin - 30 septembre 2012

"Imaginaires dans un jardin réel (1963-2011) réunit dans les jardins arborés de la Villa Cernigliaro vingt-sept varian-tes de différentes œuvres infinitésimales et supertempo-relles réalisées par Roland Sabatier du début des années 1960 à aujourd’hui.
Ce choix, effectué dans un esprit de rétrospective, s’inscrit dans un projet consistant en l’établissement dans l’enceinte même du parc de la Villa d’un parcours précis et progressif à l’intérieur duquel ces œuvres, situées en des emplacements différents, fonctionnent comme une forme de ponctuation. A cette fin, toutes les pièces, fixées sur des pancartes de mêmes formats, sont imprimées en noir sur fond blanc afin de se détacher d’une manière identique, immédiatement reconnaissable, sur la diversité colorée du décor végétal.
Les formules lexicales à partir desquelles ces réalisations s’élaborent ont été choisies au seul critère de devoir couvrir le champ le plus complet possible des cadres artistiques — peinture, cinéma, théâtre, poésie, musique, architecture, etc. — au sein desquels l’esthétique infinitésimale a été introduite. Le plus souvent, ces formules ont été légèrement modifiées, raccourcies ou simplifiées, dans leur formulation ou leur présentation, notamment, pour en réduire la teneur afin, dans la mesure où cela a été possible, de les normaliser pour en assurer une meilleure visibilité dans l’adaptation qui leur est faite dans le cadre de cette exposition. Quelques-unes sont données en complémentarité avec des objets destinés à constituer divers champs supertemporels ouverts à la participation active et constante des amateurs.
Les différents points d’implantation des réalisations exposées sont précisés sur un plan que recevront les visiteurs dès leur arrivée, et dont les indications fléchées guideront leur déambulation artistique selon des voies organiques et actives. C’est à ces points que, comme auteur, ces derniers retrouveront Roland Sabatier afin qu’à partir de ce qu’ils renseignent, il leur soit possible de faire surgir de l’ineffable capable de nous donner à tous l’espoir de percevoir, au-dehors de toutes les beautés connues, les faisceaux transcendants et rayonnants, de la « Beauté pure », absolue, de l’art imaginaire."
(Extrait de Principes et défense de l'art imaginaire, de Roland Sabatier in Imaginaires dans un jardin réel (oeuvres infinitésimales (1963-2011), éd. Zero Gravità, 2012.

lundi, mai 07, 2012

LE LETTRISME AU PASSAGE DE RETZ

























L’exposition a lieu au Passage de Retz - 9, Rue Charlot – 75003 Paris - du 10 mai au 17 juin 2012 - Ouvert de 10 h à 19 h tous les jours sauf le lundi - Tél. : 01 48 04 37 99
« Le Passage de Retz organise du 10 mai au 17 juin 2012 une exposition intitulée Pensiez-vous (vraiment) voir une exposition ? Bientôt les Lettristes (1946-1977).
 Riche d’œuvres de toute nature, d’archives et de documents essentiels, mêlant peintures, dessins et objets, films et enregistrements, livres, revues et manuscrits parmi d’autres modes d’expression, cette exposition est la première étape d’une suite de projets, ambitionnant de dresser un état des lieux de l’action de ses différents membres fondateurs. Le choix s’est porté sur différentes périodes du mouvement, afin d’en montrer la vitalité créatrice qui ne s’est pas démentie, tant celle-ci apparait riche d’idées, d’œuvres fécondes et même, très vite, de nombreuses dissidences et ruptures - à commencer par celle de l’Internationale Lettriste ».
Extraits du communiqué de presse de l’exposition dont le double titre fait référence, d’une part, à un film que Roland Sabatier a réalisé en 1975 (Pensiez-vous (vraiment) voir un film), et, d’autre part,  à une affichette publiée en 1946 par le Mouvement lettriste (Bientôt : les conférences et les récitations lettristes).

vendredi, mars 09, 2012

LE 8 RUE SAINT-BON : "VIVE LE LETTRISME"

A l'occasion de la parution aux Presses du réel de
"Le Lettrisme historique était une avant-garde" 
de Fabrice Flahutez
Le 8, rue Saint-Bon est heureux de vous inviter le samedi 10 mars, à partir de 16 h au vernissage de l'exposition
"VIVE LE LETTRISME"
sélection de documents, d'oeuvres et d'écrits.
Autour de la présentation complète de la "Revue littéraire lettriste", l'auteur présentera et signera son livre de 18 h à 20 h.
Exposition jusqu'au 7 avril
avec le concours de Roland Sabatier et Anne-Catherine Caron
8, rue Saint-Bon 75004 PARIS

dimanche, février 12, 2012

JEAN-PIERRE GILLARD A LA GALERIE SATELLITE

Sous le titre mystérieux de "Les Démarches en cathédrale et Les Jumeaux", Jean-Pierre Gillard nous propose sa première exposition personnelle à la Galerie Satellite.
Exposition du 17 février au 17 mars 2012. Vernissage le 17 février à partir de 17 heures.
7, Rue François-de- Neufchâteau, 75011 Paris.
(Photo J.-P. Gillard)
Lien : Jean-Pierre Gillard à la Galerie Satellite http://www.galeriesatellite.com/gillard.html

A la suite du vernissage de cette exposition, Jean-Pierre Gillard répond à quelques questions d’Anne-Catherine Caron :
ANNE-CATHERINE CARON – Sans doute serait-il intéressant que tu nous précises ce qui a présidé au choix de tes œuvres pour cette exposition ?
JEAN-PIERRE GILLARD –  Je souhaitais avant tout montrer des œuvres de ces deux dernières années, ce que j’ai fait. J’y ai ajouté trois pièces des années 70-80 pour dire que je ne tombais pas du ciel.
ACC. –  D’où te sont venues les idées des "démarches en cathédrale" et des "jumeaux" ?
JPG. – Les Démarches en cathédrale et Les jumeaux sont dans la droite ligne de mes travaux depuis 1967. L’envol du psi a pris plusieurs formes et ces œuvres en sont la dernière. Déjà dans les années 70 j’avais réalisé un emboîtage pour un livre de luxe. Ça s’appelait Un style. On n’est pas loin des cathédrales. Du point de vue des thèmes c’est autre chose. Les cathédrales expriment une idée d’élévation, les jumeaux mon attrait pour la gémellité. De toute façon, il fallait bien que je donne un copain à mon psi !   
ACC. – Ne pourrait-on pas également considérer que, d’une certaine manière, tu promènes ton psi dans une partie de l’histoire du Lettrisme ?
JPG. – Je promène mon psi où je peux et évidemment c’est dans le lettrisme, puisqu’il est né dans cet espace de pensée. Cette promenade dans l’histoire générale du lettrisme a commencé pour moi en 1966.
ACC. – Dès tes débuts, tu as proposé le concept de "démarche infinitésimale". Considères-tu que toutes ou certaines des œuvres exposées pourraient rentrer dans le cadre de cette démarche et comment pourrais-tu la définir en quelques mots ?
JPG. – Sur le premier point je crois avoir répondu. Quant au second, en quelques mots, je me souviens qu’au tout début il s’agissait de lier dans un seul tableau hypergraphie et art infinitésimal, et de ce point de vue je ne crois pas que ça ait beaucoup changé. Mais les concepts sont des points de départ, ensuite ils s’étirent.
ACC. – Quelles impressions éprouve-t-on à l’occasion d’une première exposition personnelle ?
JPG. – Un peu d’appréhension certainement (rires). 









Jean-Pierre Gillard. Les Grands jumeaux jaunes, 2012.

dimanche, janvier 08, 2012

LES PHOTOS DE ROLAND SABATIER


« Les photographies réunies dans cet ouvrage sont extraites d’un ensemble plus vaste, réalisé vers la fin de l’année 1964 pour constituer un des éléments visuels de la colonne « décorative » de ma pièce de théâtre à impliques, Graal ou la leçon des Rois, qui fut publiée, le 1er octobre de la même année, dans le n°4 de la revue Ur, et où, sans avoir été reproduites, elles apparaissent, entre de nombreuses autres propositions de photos et de plans filmiques ciselés, sous les termes de « images ciselées (les portraits des lettristes) » ou « Photos ciselées (…) montrant les portraits des lettristes ».
Depuis, certaines ont été publiées ou présentées en plusieurs occasions – des fragments de certaines, par exemple, forment la matière des décors hypergraphiques de l’opéra, Déclaration, de 1966 - et, finalement, exposés ensemble dans le cadre de l’exposition collective, La Photo lettriste et hypergraphique, qui eut lieu plus tard, en 1987, à la galerie Galerie D’Anvers de Paris.
 (…)  Le point de départ de ces œuvres dérive de clichés noir et blanc de format 6x8, antérieurement pris par moi-même avec un Kodak à soufflet sur lesquels figuraient en négatif, outre les portraits de différents artistes du groupe lettriste de l’époque, des scènes familiales et des vues de monuments ainsi que certains tableaux que j’avais réalisés précédemment. Sur chacun d’eux et tout en veillant à ne pas recouvrir les visages, j’ai, en certains endroits, effectué des ciselures à l’aide d’un grattoir et, en d’autres, transcrit des signes et des écritures – alphabétiques inversées, braille, etc. – à la gouache blanche et à l’encre noire plus où moins diluée afin de créer des transparences.
(…) Si, du fait des équivoques et du manque de clarté, ces effets conduisent inévitablement à un durcissement généré par une multitude de proximités de plans, ils produisent également une impression d’accessible-inaccessible, de proche et de lointain, qui obsède celui qui les regarde. A ce traitement, la figure perd son naturel, mais gagne en contrepartie une consistance, quelque chose comme une profondeur psychologique qui, dans la compréhension neuve de la nouvelle écriture, est contrainte de dépasser la reproduction simple pour la description complexe.
Roland Sabatier, 1987 (extraits de la préface)
PHOTOS DES PORTRAITS & AUTRES, de Roland Sabatier. Ensemble de 27 photographies cisélées et hypergraphiques de 1964 (Format 27 x 20 cm). Préface de l’auteur. Editions AcquAvivA, Paris 2011. Edition illimitée à l’exception des 20 premiers exemplaires numérotés et signés par l’auteur

dimanche, janvier 01, 2012

VŒUX 2012


mardi, novembre 29, 2011

LA VIDEO DE L'EXPOSITION

http://www.youtube.com/watch?v=l1K6S0lvhKcc

vendredi, octobre 21, 2011

EXPOSITION ANNE-CATHERINE CARON


« Contrairement à de très nombreux artistes contemporains, Anne-Catherine Caron n’a jamais attribué à l’objet, aux supports ou à l’outillage la capacité de pouvoir bouleverser la forme esthétique. Dès sa rencontre, en 1972, avec Isou et le Lettrisme, s’est imposé à elle la conception de la prévalence absolue de cette dernière sur les autres dimensions de l’art qui se révélaient interchangeables. C’est donc dans la compréhension d’un intérêt secondaire, para-esthétique, de l’infra-structure matérielle, mécanique, à partir de laquelle Isou forgera la Méca-esthétique intégrale, qu’elle accomplira son oeuvre, axée, avant tout, et comme il se doit, sur l’exploration combinatoire des signes de la communication visuelle, offerte par l’Hypergraphie, et des signes virtuels dévoilés par l’Art infinitésimal ou imaginaire. Ces secteurs esthétiques majeurs enregistrent ses propositions ténues, hermétiques et reconnaissables, tantôt plaquées sur des toiles, tantôt réparties en fonction des exigences de la narration, mais toujours définies comme des « romans ». Son Roman à équarrir, de 1978, en établit la recension qu’elle réorganise autour d’une mise en abyme du concept prosodique. Raréfaction des éléments, persiflage, moquerie, absurdités volontaires, répétitions, caractérisent ce tour de force stylistique qui semble être dépossédé de début autant que de fin. C’est donc dans la rigueur de la continuité de cette voie que le Roman lettriste de la Villa Cernigliaro qu’elle nous propose aujourd’hui doit être vu et considéré.
 (…) Ce nouveau roman d’Anne-Catherine Caron reprend ces principes et, d’une certaine manière, part d’eux, mais s’en éloigne en tant, non seulement qu’il les concrétise, mais surtout qu’il les développe dans un enchaînement personnalisé, avec ses propres éléments et une rythmique particulière, inusitée. Si le roman d’Isou devait se dérouler dans la rue, le sien se déploie à travers de multiples salles d’une demeure, mais il ne se réduit pas à ce seul début.
Cette fois, ce sont quatorze réalisations incarnant autant de chapitres distincts disséminés en différentes parties de la Villa qui en assurent l’articulation. Chacun est attaché à un « objet » utilitaire - non esthétique - dont on saisit d’emblée qu’ils sont tous d’un autre âge : celui du temps où la Villa voyait le notaire Cernigliaro, sa famille et son entourage s’activer dans le luxe et la mondanité ; autant d’objets, dis-je, sans doute inutilisables aujourd’hui - comme la calèche, qui semble être la célèbre « pill-box » d’origine américaine, le vieux réfrigérateur, le piano, les masques anti-gaz, le landau, la bouette, le grand drapeau portant encore armes de la Maison de Savoie, un secrétaire ayant appartenu à l’intellectuel résistant Antonicelli, des vêtements maternels, etc. -, mais conservés par l’une des filles du notaire, Carlotta, l’actuelle propriétaire, dans leur vaste cantina comme des souvenirs de son enfance dont elle ne serait jamais parvenue à se séparer.
C’est ce choix de « reliques » qu’Anne-Catherine Caron, avec leur histoire, reprend en son roman. Elle les reprend telles qu’elles sont, nécessairement en l’état usagé qui est le leur aujourd’hui, afin de n’en retenir que les trois dimensions de leur valeur idéographique. C’est précisément cette qualification syntaxique qui différencie ses objets des objets - ready-made - de Marcel Duchamp et de ses innombrables successeurs actuels qui, outre le fait qu’ils se situent uniquement dans l’art plastique – et non dans l’art de la prose – réduisent, superposent, en fin de ciselant, la forme esthétique épuisée à la simple présentation d’une réalité comprise comme ne pouvant plus être représentée. Dans ce dont nous parlons ici, la forme esthétique est autre, de nature hypergraphique au sein de laquelle l’objet réel ne peut, au mieux, n’exprimer qu’un signe ou un simple support, sinon, en un même temps, les deux. (…) Le motif du roman, ici posé comme « fiction », renvoie à ces souvenirs. Comme traces anamnestiques organiquement liées à cette demeure, à ses occupants, et comme des accompagnants nostalgiques, ils s’imposent à Anne-Catherine Caron pour définir le thème de sa narration tridimensionnelle. Ce perçu de « recherche du temps perdu » et les objets qui les suggèrent, non esthétiques en eux-mêmes, sont sublimés, portés au haut rang de l’art, du fait qu’ils sont, chacun à leur tour, donnés en relation avec une part formelle traduite sur autant de toiles destinées à prendre une place précise - sur ou dessus, dedans, à côté, etc. - des objets considérés. Ces compléments aux dimensions et à l’apparence de cartels sont les marqueurs d’une esthétique qui cernent le contour de l’oeuvre par l’absorption immédiate de ce qui était d’un autre registre. Le pouvoir d’accaparement du système hypergraphique est tel qu’il mue en signes tout ce qu’il touche. En même temps, comme un métalangage, leur configuration associe les évocations de l’occupante de la demeure - exprimées par l’écriture alphabétique - et certaines images de sa vie, de ses occupations et de son cadre - manifestées par des idéogrammes photographiques - auxquelles se superposent des notations multi-signiques qui, comme des commentaires sur des commentaires surprécisent, sous un angle neuf, des points particuliers. Ces trois strates de transcription, se conjuguant pour, finalement, n’en constituer qu’une : la super écriture hypergraphique. Toutes ces données accumulées, certainement, déroutent : au déchiffrement de chacun des chapitres, l’allure apparemment simple du discours général demeure contredite, réévaluée, par l’hermétisme de ce qui nous est donné pour l’expliquer. De toute façon, et même si nous ne sommes que quelques-uns à savoir que l’essentiel est ailleurs, n’estce pas de ce recours constant à ce paradoxe ou à cette dialectique que naît, comme une véritable manoeuvre de force, l’originalité étrange de ce Roman lettriste de la Villa Cernigliaro ?
La question, si elle peut encore se poser aujourd’hui, risque dans l’avenir, avec Anne-Catherine Caron et le lettrisme, de ne plus même devoir nécessiter de réponse. » 
(Roland Sabatier, extraits du catalogue)

ANNE-CATHERINE CARON

ROMAN LETTRISTE DE LA VILLA CERNIGLIARO
VILLA CERNIGLIARO
Via Clemente Vercellone 4, Sordevolo Bi
EXPOSITION DU 5 NOVEMBRE AU 4 DÉCEMBRE 2011
vendredi, samedi, dimanche 14,30 - 19,30 h. et sur réservation
VERNISSAGE: LE 5 NOVEMBRE À 18 H.
A l’occasion du vernissage intervention de l’artiste : La Méca-esthétique dans le roman.
Direction artistique : Carlotta Cernigliaro
Catalogue : Édition bilingue français/italien,
21 x 14,5 cm (broché).
82 pages, 30 illustrations coul.
N&B. Textes de Roland Sabatier
Carlotta Cernigliaro, Isidore Isou (Les moyens de réalisations dans l'art plastique lettriste et infinitésimal).
Editions Zero Gravità, Sordevolo, Bi, Italie,
2011.
info Carlotta Cernigliaro
T. 0152562174 mobile 338.6130616