jeudi, avril 11, 2013
vendredi, mars 01, 2013
CINÉMA LETTRISTE AU CENTRE POMPIDOU

Le public a heureusement assez souvent l'occasion de visionner le film ciselant et discrépant d'Isidore Isou, Traité de Bave et d'éternité (1951), mais rares sont les occasions d'assister à la projection de films à caractère hypergraphique.
Le 11 mars prochain, dans le cadre du 4ème Nouveau Festival organisé par Bernard Blistène au Centre Pompidou, ce sont des films représentatifs de cette esthétique qui vont être diffusés sous le titre générique de "Expériences lettristes: Films hypergraphiques".
Amos ou Introduction à la Métagraphologie, d'Isidore Isou, 1953- 1984. 33'.
Au-delà du déclic, de Maurice Lemaître, 1965, 10'.
Evoluons (encore un peu) dans le cinéma et la création, de Roland Sabatier, 1972. 25'.
Venant après le film Le Débat (1952) d'Isidore Isou qui concrétisait la mort d'un certain cinéma, ce nouvel art filmique crée un ordre cinématographique inédit qui s'exprime à travers la multiplicité de l'intégralité des signes de la communication visuelle menée autant dans l'image que dans le son.
Cet événement qui sera présenté par Roland Sabatier, tend à démontrer que "le cinéma ne peut plus aujourd'hui sauver le monde, mais qu'il doit plus simplement sauver ses auteurs et les spectateurs qui les suivent du monde du cinéma banalisé."
Lundi 11 mars 2013 à 16 heures
Centre Pompidou, Paris, Galerie Sud
Entrée libre.
lien Centre Pompidou
Extraits du film "Evoluons..." de Roland Sabatier
(En illustration : image extraite du film Amos ou Introduction à la Métagraphologie, d'Isidore Isou)
Au sujet de cette manifestation voir l'entretien de Eric Monsinjon avec Anne-Catherine Caron dans "Riposte lettriste": lien >>><<<
lien Centre Pompidou
Extraits du film "Evoluons..." de Roland Sabatier
(En illustration : image extraite du film Amos ou Introduction à la Métagraphologie, d'Isidore Isou)
Au sujet de cette manifestation voir l'entretien de Eric Monsinjon avec Anne-Catherine Caron dans "Riposte lettriste": lien >>><<<
mardi, février 12, 2013
ISIDORE ISOU, LA DANSE & OLIVIA GRANDVILLE
En complément de l'écho donné dans "Lettrisme et Externité Féminine" http://lettrismeexternitefeminine.blogspot.fr/ au sujet du spectacle chorégraphique réalisé d'après les conceptions d'Isidore Isou que présente actuellement Olivia Grandville au Théâtre de la Colline, nous signalons deux autres interventions en faveur de cette entreprise du Cabaret discrépant : Jean-Pierre Gillard et François Poyet dans "Lettrisme XXIe siècle".
2013/02/index.html
dimanche, décembre 02, 2012
ROLAND SABATIER: LE VOIR-DIT DE L'EXTERNE ET DE L'INTERNE RECONCILIES
dimanche, septembre 16, 2012
LEMAITRE A LA GALERIE SATELLITE
Anne-Catherine
Caron : La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était à Gênes….
Maurice
Lemaître : Pourquoi Gênes ?
ACC : C’était lors de l’exposition de tes photos dans une Librairie-Galerie, Joyce and Co, il me semble...
ACC : C’était lors de l’exposition de tes photos dans une Librairie-Galerie, Joyce and Co, il me semble...
ML : Mais tu es très active avec tes Blogs,
moi, je vous lis, mais vous, vous ne me lisez pas…
ACC :
Détrompe-toi, nous consultons régulièrement ce que tu envoies par la Toile, mais
tes textes ne sont pas toujours disponibles…
ML : Tu ne peux pas me dire cela…
ACC : Je voudrais faire un entretien…
ML : Avec qui ?
ACC : Avec toi…
ML : C’est trop compliqué, je suis fatigué. (il
se prend la tête entre ses mains).
ML : Ben cite souvent Sabatier dans sa
newsletter…
ACC :
Oui, ils se connaissent, il l’a rencontré dès son arrivée à Paris.
ML :
Tu es certainement venue ici voir l’exposition des femmes lettristes, mais nous
n’avons pas intitulé la manifestation sous ce titre, parce qu’il n’y avait pas
Caron et parce que cela aurait fait un peu réducteur…
ACC
– Moi, j’en ai organisé plusieurs, toujours en rapport avec l’externité et le Soulèvement
de la Jeunesse… Est-ce que je peux te faire une photo...
ML : Je vais encore me retrouver sur un de tes
sites sur Internet !
Bribes
d’un échange ayant eu lieu le 15 septembre 2012, à la Galerie Satellite dirigée
par Bruno Maisons, dans le cadre de la dernière exposition de Maurice Lemaître
« Estampes, sculptures, bijoux » qui pourra être visitée jusqu’au 6
octobre.
dimanche, juillet 08, 2012
LIENS (LETTRISME)
mercredi, juin 13, 2012
ROLAND SABATIER : IMAGINAIRES DANS UN JARDIN REEL

ROLAND SABATIER / IMAGINAIRES DANS UN JARDIN REEL /Œuvres infinitésimales (1963-2011) / VILLA CERNIGLIARO / Sordevolo / 10 juin - 30 septembre 2012
"Imaginaires
dans un jardin réel (1963-2011)
réunit dans les jardins arborés de la Villa Cernigliaro vingt-sept varian-tes de
différentes œuvres infinitésimales et supertempo-relles réalisées par Roland
Sabatier du début des années 1960 à aujourd’hui.
Ce choix, effectué dans un esprit de rétrospective, s’inscrit dans un
projet consistant en l’établissement dans l’enceinte même du parc de la Villa
d’un parcours précis et progressif à l’intérieur duquel ces œuvres, situées en
des emplacements différents, fonctionnent comme une forme de ponctuation. A
cette fin, toutes les pièces, fixées sur des pancartes de mêmes formats, sont
imprimées en noir sur fond blanc afin de se détacher d’une manière identique,
immédiatement reconnaissable, sur la diversité colorée du décor végétal.
Les formules lexicales à partir desquelles ces réalisations s’élaborent
ont été choisies au seul critère de devoir couvrir le champ le plus complet
possible des cadres artistiques — peinture, cinéma, théâtre, poésie, musique,
architecture, etc. — au sein desquels l’esthétique infinitésimale a été
introduite. Le plus souvent, ces formules ont été légèrement modifiées,
raccourcies ou simplifiées, dans leur formulation ou leur présentation,
notamment, pour en réduire la teneur afin, dans la mesure où cela a été
possible, de les normaliser pour en assurer une meilleure visibilité dans
l’adaptation qui leur est faite dans le cadre de cette exposition.
Quelques-unes sont données en complémentarité avec des objets destinés à
constituer divers champs supertemporels ouverts à la participation active et
constante des amateurs.
Les différents points
d’implantation des réalisations exposées sont précisés sur un plan que
recevront les visiteurs dès leur arrivée, et dont les indications fléchées
guideront leur déambulation artistique selon des voies organiques et actives.
C’est à ces points que, comme auteur, ces derniers retrouveront Roland Sabatier
afin qu’à partir de ce qu’ils renseignent, il leur soit possible de faire
surgir de l’ineffable capable de nous donner à tous l’espoir de percevoir,
au-dehors de toutes les beautés connues, les faisceaux transcendants et
rayonnants, de la « Beauté pure », absolue, de l’art imaginaire."
(Extrait de Principes et défense de l'art imaginaire, de Roland Sabatier in Imaginaires dans un jardin réel (oeuvres infinitésimales (1963-2011), éd. Zero Gravità, 2012.
lundi, mai 07, 2012
LE LETTRISME AU PASSAGE DE RETZ
L’exposition a lieu au Passage de Retz - 9, Rue Charlot – 75003 Paris - du 10 mai au 17 juin 2012 - Ouvert de 10 h à 19 h tous les jours sauf le lundi - Tél. : 01 48 04 37 99
« Le Passage de Retz organise
du 10 mai au 17 juin 2012 une exposition intitulée Pensiez-vous
(vraiment) voir une exposition ? Bientôt les Lettristes (1946-1977).
Riche d’œuvres de toute nature, d’archives et
de documents essentiels, mêlant peintures, dessins et objets, films et
enregistrements, livres, revues et manuscrits parmi d’autres modes
d’expression, cette exposition est la première étape d’une suite de projets,
ambitionnant de dresser un état des lieux de l’action de ses différents membres
fondateurs. Le choix s’est porté sur différentes périodes du mouvement, afin
d’en montrer la vitalité créatrice qui ne s’est pas démentie, tant celle-ci
apparait riche d’idées, d’œuvres fécondes et même, très vite, de nombreuses
dissidences et ruptures - à commencer par celle de l’Internationale Lettriste ».
Extraits du communiqué de presse de l’exposition dont le double titre fait référence, d’une part, à un film que Roland Sabatier a réalisé en 1975 (Pensiez-vous (vraiment) voir un film), et, d’autre part, à une affichette publiée en 1946 par le Mouvement lettriste (Bientôt : les conférences et les récitations lettristes).
Extraits du communiqué de presse de l’exposition dont le double titre fait référence, d’une part, à un film que Roland Sabatier a réalisé en 1975 (Pensiez-vous (vraiment) voir un film), et, d’autre part, à une affichette publiée en 1946 par le Mouvement lettriste (Bientôt : les conférences et les récitations lettristes).
vendredi, mars 09, 2012
LE 8 RUE SAINT-BON : "VIVE LE LETTRISME"
A l'occasion de la parution aux Presses du réel de
"Le Lettrisme historique était une avant-garde"
de Fabrice Flahutez
Le 8, rue Saint-Bon est heureux de vous inviter le samedi 10 mars, à partir de 16 h au vernissage de l'exposition
"VIVE LE LETTRISME"
sélection de documents, d'oeuvres et d'écrits.
Autour de la présentation complète de la "Revue littéraire lettriste", l'auteur présentera et signera son livre de 18 h à 20 h.
Exposition jusqu'au 7 avril
avec le concours de Roland Sabatier et Anne-Catherine Caron
8, rue Saint-Bon 75004 PARISavec le concours de Roland Sabatier et Anne-Catherine Caron
dimanche, février 12, 2012
JEAN-PIERRE GILLARD A LA GALERIE SATELLITE
Sous le titre mystérieux de "Les Démarches en cathédrale et Les Jumeaux", Jean-Pierre Gillard nous propose sa première exposition personnelle à la Galerie Satellite.
Exposition du 17 février au 17 mars 2012. Vernissage le 17 février à partir de 17 heures.
7, Rue François-de- Neufchâteau, 75011 Paris.
(Photo J.-P. Gillard)
Lien : Jean-Pierre Gillard à la Galerie Satellite http://www.galeriesatellite.com/gillard.html
A la suite du vernissage de cette exposition, Jean-Pierre Gillard répond à quelques questions d’Anne-Catherine Caron :
Jean-Pierre Gillard. Les Grands jumeaux jaunes, 2012.
Lien : Jean-Pierre Gillard à la Galerie Satellite http://www.galeriesatellite.com/gillard.html
A la suite du vernissage de cette exposition, Jean-Pierre Gillard répond à quelques questions d’Anne-Catherine Caron :
ANNE-CATHERINE CARON – Sans doute serait-il intéressant que tu nous précises ce qui a présidé au choix de tes œuvres pour cette exposition ?
JEAN-PIERRE GILLARD – Je souhaitais avant tout montrer des œuvres de ces deux dernières années, ce que j’ai fait. J’y ai ajouté trois pièces des années 70-80 pour dire que je ne tombais pas du ciel.
ACC. – D’où te sont venues les idées des "démarches en cathédrale" et des "jumeaux" ?
JPG. – Les Démarches en cathédrale et Les jumeaux sont dans la droite ligne de mes travaux depuis 1967. L’envol du psi a pris plusieurs formes et ces œuvres en sont la dernière. Déjà dans les années 70 j’avais réalisé un emboîtage pour un livre de luxe. Ça s’appelait Un style. On n’est pas loin des cathédrales. Du point de vue des thèmes c’est autre chose. Les cathédrales expriment une idée d’élévation, les jumeaux mon attrait pour la gémellité. De toute façon, il fallait bien que je donne un copain à mon psi !
ACC. – Ne pourrait-on pas également considérer que, d’une certaine manière, tu promènes ton psi dans une partie de l’histoire du Lettrisme ?
JPG. – Je promène mon psi où je peux et évidemment c’est dans le lettrisme, puisqu’il est né dans cet espace de pensée. Cette promenade dans l’histoire générale du lettrisme a commencé pour moi en 1966.
ACC. – Dès tes débuts, tu as proposé le concept de "démarche infinitésimale". Considères-tu que toutes ou certaines des œuvres exposées pourraient rentrer dans le cadre de cette démarche et comment pourrais-tu la définir en quelques mots ?
JPG. – Sur le premier point je crois avoir répondu. Quant au second, en quelques mots, je me souviens qu’au tout début il s’agissait de lier dans un seul tableau hypergraphie et art infinitésimal, et de ce point de vue je ne crois pas que ça ait beaucoup changé. Mais les concepts sont des points de départ, ensuite ils s’étirent.
ACC. – Quelles impressions éprouve-t-on à l’occasion d’une première exposition personnelle ?
JPG. – Un peu d’appréhension certainement (rires).
Jean-Pierre Gillard. Les Grands jumeaux jaunes, 2012.
dimanche, janvier 08, 2012
LES PHOTOS DE ROLAND SABATIER
« Les photographies réunies dans cet ouvrage sont extraites d’un ensemble plus vaste, réalisé vers la fin de l’année 1964 pour constituer un des éléments visuels de la colonne « décorative » de ma pièce de théâtre à impliques, Graal ou la leçon des Rois, qui fut publiée, le 1er octobre de la même année, dans le n°4 de la revue Ur, et où, sans avoir été reproduites, elles apparaissent, entre de nombreuses autres propositions de photos et de plans filmiques ciselés, sous les termes de « images ciselées (les portraits des lettristes) » ou « Photos ciselées (…) montrant les portraits des lettristes ».
Depuis, certaines ont été publiées ou présentées en plusieurs occasions – des fragments de certaines, par exemple, forment la matière des décors hypergraphiques de l’opéra, Déclaration, de 1966 - et, finalement, exposés ensemble dans le cadre de l’exposition collective, La Photo lettriste et hypergraphique, qui eut lieu plus tard, en 1987, à la galerie Galerie D’Anvers de Paris.
(…) Le point de départ de ces œuvres dérive de clichés noir et blanc de format 6x8, antérieurement pris par moi-même avec un Kodak à soufflet sur lesquels figuraient en négatif, outre les portraits de différents artistes du groupe lettriste de l’époque, des scènes familiales et des vues de monuments ainsi que certains tableaux que j’avais réalisés précédemment. Sur chacun d’eux et tout en veillant à ne pas recouvrir les visages, j’ai, en certains endroits, effectué des ciselures à l’aide d’un grattoir et, en d’autres, transcrit des signes et des écritures – alphabétiques inversées, braille, etc. – à la gouache blanche et à l’encre noire plus où moins diluée afin de créer des transparences.
(…) Si, du fait des équivoques et du manque de clarté, ces effets conduisent inévitablement à un durcissement généré par une multitude de proximités de plans, ils produisent également une impression d’accessible-inaccessible, de proche et de lointain, qui obsède celui qui les regarde. A ce traitement, la figure perd son naturel, mais gagne en contrepartie une consistance, quelque chose comme une profondeur psychologique qui, dans la compréhension neuve de la nouvelle écriture, est contrainte de dépasser la reproduction simple pour la description complexe.
Roland Sabatier, 1987 (extraits de la préface)
PHOTOS DES PORTRAITS & AUTRES, de Roland Sabatier. Ensemble de 27 photographies cisélées et hypergraphiques de 1964 (Format 27 x 20 cm). Préface de l’auteur. Editions AcquAvivA, Paris 2011. Edition illimitée à l’exception des 20 premiers exemplaires numérotés et signés par l’auteur
dimanche, janvier 01, 2012
mardi, novembre 29, 2011
vendredi, octobre 21, 2011
EXPOSITION ANNE-CATHERINE CARON
« Contrairement à de très nombreux artistes contemporains, Anne-Catherine Caron n’a jamais attribué à l’objet, aux supports ou à l’outillage la capacité de pouvoir bouleverser la forme esthétique. Dès sa rencontre, en 1972, avec Isou et le Lettrisme, s’est imposé à elle la conception de la prévalence absolue de cette dernière sur les autres dimensions de l’art qui se révélaient interchangeables. C’est donc dans la compréhension d’un intérêt secondaire, para-esthétique, de l’infra-structure matérielle, mécanique, à partir de laquelle Isou forgera la Méca-esthétique intégrale, qu’elle accomplira son oeuvre, axée, avant tout, et comme il se doit, sur l’exploration combinatoire des signes de la communication visuelle, offerte par l’Hypergraphie, et des signes virtuels dévoilés par l’Art infinitésimal ou imaginaire. Ces secteurs esthétiques majeurs enregistrent ses propositions ténues, hermétiques et reconnaissables, tantôt plaquées sur des toiles, tantôt réparties en fonction des exigences de la narration, mais toujours définies comme des « romans ». Son Roman à équarrir, de 1978, en établit la recension qu’elle réorganise autour d’une mise en abyme du concept prosodique. Raréfaction des éléments, persiflage, moquerie, absurdités volontaires, répétitions, caractérisent ce tour de force stylistique qui semble être dépossédé de début autant que de fin. C’est donc dans la rigueur de la continuité de cette voie que le Roman lettriste de la Villa Cernigliaro qu’elle nous propose aujourd’hui doit être vu et considéré.
(…) Ce nouveau roman d’Anne-Catherine Caron reprend ces principes et, d’une certaine manière, part d’eux, mais s’en éloigne en tant, non seulement qu’il les concrétise, mais surtout qu’il les développe dans un enchaînement personnalisé, avec ses propres éléments et une rythmique particulière, inusitée. Si le roman d’Isou devait se dérouler dans la rue, le sien se déploie à travers de multiples salles d’une demeure, mais il ne se réduit pas à ce seul début.
Cette fois, ce sont quatorze réalisations incarnant autant de chapitres distincts disséminés en différentes parties de la Villa qui en assurent l’articulation. Chacun est attaché à un « objet » utilitaire - non esthétique - dont on saisit d’emblée qu’ils sont tous d’un autre âge : celui du temps où la Villa voyait le notaire Cernigliaro, sa famille et son entourage s’activer dans le luxe et la mondanité ; autant d’objets, dis-je, sans doute inutilisables aujourd’hui - comme la calèche, qui semble être la célèbre « pill-box » d’origine américaine, le vieux réfrigérateur, le piano, les masques anti-gaz, le landau, la bouette, le grand drapeau portant encore armes de la Maison de Savoie, un secrétaire ayant appartenu à l’intellectuel résistant Antonicelli, des vêtements maternels, etc. -, mais conservés par l’une des filles du notaire, Carlotta, l’actuelle propriétaire, dans leur vaste cantina comme des souvenirs de son enfance dont elle ne serait jamais parvenue à se séparer.
C’est ce choix de « reliques » qu’Anne-Catherine Caron, avec leur histoire, reprend en son roman. Elle les reprend telles qu’elles sont, nécessairement en l’état usagé qui est le leur aujourd’hui, afin de n’en retenir que les trois dimensions de leur valeur idéographique. C’est précisément cette qualification syntaxique qui différencie ses objets des objets - ready-made - de Marcel Duchamp et de ses innombrables successeurs actuels qui, outre le fait qu’ils se situent uniquement dans l’art plastique – et non dans l’art de la prose – réduisent, superposent, en fin de ciselant, la forme esthétique épuisée à la simple présentation d’une réalité comprise comme ne pouvant plus être représentée. Dans ce dont nous parlons ici, la forme esthétique est autre, de nature hypergraphique au sein de laquelle l’objet réel ne peut, au mieux, n’exprimer qu’un signe ou un simple support, sinon, en un même temps, les deux. (…) Le motif du roman, ici posé comme « fiction », renvoie à ces souvenirs. Comme traces anamnestiques organiquement liées à cette demeure, à ses occupants, et comme des accompagnants nostalgiques, ils s’imposent à Anne-Catherine Caron pour définir le thème de sa narration tridimensionnelle. Ce perçu de « recherche du temps perdu » et les objets qui les suggèrent, non esthétiques en eux-mêmes, sont sublimés, portés au haut rang de l’art, du fait qu’ils sont, chacun à leur tour, donnés en relation avec une part formelle traduite sur autant de toiles destinées à prendre une place précise - sur ou dessus, dedans, à côté, etc. - des objets considérés. Ces compléments aux dimensions et à l’apparence de cartels sont les marqueurs d’une esthétique qui cernent le contour de l’oeuvre par l’absorption immédiate de ce qui était d’un autre registre. Le pouvoir d’accaparement du système hypergraphique est tel qu’il mue en signes tout ce qu’il touche. En même temps, comme un métalangage, leur configuration associe les évocations de l’occupante de la demeure - exprimées par l’écriture alphabétique - et certaines images de sa vie, de ses occupations et de son cadre - manifestées par des idéogrammes photographiques - auxquelles se superposent des notations multi-signiques qui, comme des commentaires sur des commentaires surprécisent, sous un angle neuf, des points particuliers. Ces trois strates de transcription, se conjuguant pour, finalement, n’en constituer qu’une : la super écriture hypergraphique. Toutes ces données accumulées, certainement, déroutent : au déchiffrement de chacun des chapitres, l’allure apparemment simple du discours général demeure contredite, réévaluée, par l’hermétisme de ce qui nous est donné pour l’expliquer. De toute façon, et même si nous ne sommes que quelques-uns à savoir que l’essentiel est ailleurs, n’estce pas de ce recours constant à ce paradoxe ou à cette dialectique que naît, comme une véritable manoeuvre de force, l’originalité étrange de ce Roman lettriste de la Villa Cernigliaro ?
La question, si elle peut encore se poser aujourd’hui, risque dans l’avenir, avec Anne-Catherine Caron et le lettrisme, de ne plus même devoir nécessiter de réponse. »
(Roland Sabatier, extraits du catalogue)
ROMAN LETTRISTE DE LA VILLA CERNIGLIARO
VILLA CERNIGLIARO
Via Clemente Vercellone 4, Sordevolo Bi
EXPOSITION DU 5 NOVEMBRE AU 4 DÉCEMBRE 2011
vendredi, samedi, dimanche 14,30 - 19,30 h. et sur réservation
VERNISSAGE: LE 5 NOVEMBRE À 18 H.
A l’occasion du vernissage intervention de l’artiste : La Méca-esthétique dans le roman.
Direction artistique : Carlotta Cernigliaro
21 x 14,5 cm (broché).
82 pages, 30 illustrations coul.
N&B. Textes de Roland Sabatier
Carlotta Cernigliaro, Isidore Isou (Les moyens de réalisations dans l'art plastique lettriste et infinitésimal).
Editions Zero Gravità, Sordevolo, Bi, Italie,
2011.
info Carlotta Cernigliaro
T. 0152562174 mobile 338.6130616









